Monthly Archives: mars 2010

On est comme on est…

J’ai longtemps cru que je serais un vrai lover. L’homme d’une seule femme. Que l’amour serait mon idéal premier. De toute manière, dans mon entourage, il n’y a que de belles réussites amoureuses. Ma mère et mon père ont été ensembles jusqu’à ce qu’il décède en 1995. Mes sœurs ainées vivent depuis quelques années de longues relations avec leur copain. Je ne puis qu’être ainsi, que je me disais.

Voilà que depuis près de deux mois, je vois N. Vous êtes tous émerveillés croyant que j’avais enfin trouvé l’amour que je cherchais tant et que je cesserais de vous raconter des histoires loufoques dont j’étais visiblement le seul à vivre.

J’ai cessé d’avoir deux ou trois dossiers à la fois. Sous les conseils de mes amis, j’ai tâché de m’investir dans une seule fréquentation. C’est chouette. Ce n’est pas trop compliqué de voir qu’une seule fille, vous savez?

Mais il manque quelque chose dans cette monogamie non-officielle. Il ME manque quelque chose, de la nouveauté, du piquant. Ah, pas qu’elle ne m’en apporte pas, au contraire. Je fais plein d’activités, le sexe est bon et audacieux. Oui, oui, audacieux. Je ne m’en plains pas. C’est même elle qui n’en a pas assez, la coquine. Mais… c’est comme si ma soif de nouveauté était insatiable. Que j’avais envie de voir tout ce que le monde a à m’apporter.

Je me rends compte que le titre de ce blogue est très bien choisi. Dateur en série. C’est que je suis et ce que j’ai toujours été. Je ne le serais peut-être pas toujours. J’espère que non. Ce n’est pas un mode de vie socialement acceptable mais pour l’instant, je dois assumer je m’y plais. C’est dans ça que j’ai envie de continuer. Pour trois mois? Six? Un an ou deux? Je ne sais pas.

Je suis désolé N. de pas avoir été ce que tu souhaitais. Je ne suis qu’un Dateur en série.

On est comme est.

D.

Que dire?

Salut N!

Tu sais, tu m’as faire des bons textes au début. Tomber sur la connaissance et vomir à une première rencontre, crois-moi, c’était au-delà de mon imagination. Le road trip aux États-Unis, ça aussi c’était cool.

Mais là, dormir en cuillère, être super bien ensemble, j’aime ça tu sais. Écouter des films en mangeant de la poutine le vendredi soir ou aller au restaurant, c’est le fun aussi. Mais bon sang, j’ai beau tourner les phrases d’un bord comme de l’autre, il y a rien d’original qui peut sortir de ces histoires. Nada. C’est classique, tout le monde le fait. Mais coté écriture, on repassera.

Alors, j’ai des suggestions pour toi. Tu me diras ce que tu en penses.

- Deviens jalouse possessive.
- Frappe moi.
- Deviens astronaute.
- Pu. Pète. Rote. Tout le temps.
- Revois avec ton ex, tient! Juste pour te tourmenter.
- Appelle moi 14 fois par jour. Simplement pour me demander ce que je fais, à qui je parle et s’il y a des filles avec moi.
- Pogne l’herp… ah non pas ça!

Ça ferait des bons textes, non? Mais fait quelque chose, je ne sais plus quoi écrire. Cesse d’être si… parfaite?

D.

Flash-back: Ma première fois (2001)

Juillet 2001

- Allo, ça va?
- Ouais, toi?
- Ouais! On devient fuckfriend?
- Ok!

C’est un peu comme ça que j’ai déniché la fille avec qui j’ai eu ma première relation sexuelle. Enfin, c’est l’essentiel de la conversation. Je vous épargne son film et son groupe favori.

J’ai 18 ans. Et demie même mais, ça, on ne le dit plus un moment donné. Je suis puceau, encore. Je sais ce que c’est l’amour. Je sais ce que c’est se faire larguer, se faire tromper et avoir de la peine. Mais je ne sais pas ce qu’est de faire l’amour et je ne suis motivé que par cela ces temps-ci. Sachez donc que cette offre tombe pile.

10h50. Je suis assis sur le petit banc de bois devant le terminus. J’attends impatiemment celle qui dans les faits devrait me donner la chance d’être enfin un homme. Car n’est pas un homme encore celui qui n’a jamais inséré son Alice au Pays des Merveilles. Désolé pour la métaphore, j’ai été inspiré par ma soirée cinéma.

Je suis un peu stressé. Je sais que c’est ce soir. La soirée charnière. Le soir où il y aura dorénavant le Avant et le Après. Elle doit débarquer dans quelques secondes. Une minute tout au plus. Je vois l’autobus qui s’approche au loin. Les gens sortent un à un de l’autobus voyageur. Comme la photo qu’elle m’avait envoyée était minuscule je comptais sur le fait qu’elle me reconnaisse. Je souriais à tout le monde. Au cas. Soudain, une grande brune répondit à mon sourire.

- Salut!

Elle me plait bien. Pour une première fois du moins c’est parfait. Nous avons marché jusqu’au pit de sable. Une marche d’au moins 45 minutes. Un endroit tranquille, idéal pour boire en paix et retirer quelques vêtements. Ce soir c’est Goldschlagger. Personnellement je n’aime pas mais, j’en ai besoin pour enlever les inhibitions et me donner le courage de passer à l’acte. Nous nous sommes installés sur une couverture et nous avons, en vain, tenté de faire un petit feu.

Quelques grains de pluie se sont mis à tomber. Le contexte parfait pour un rapprochement. Allongés sur le sable, protégés par l’énorme couverture carreautée, nous nous sommes embrassés. Et ce, si passionnément que nous avons retiré notre linge.

La pluie qui coulait sur mon dos était froide. Elle contrastait avec les nuits chaudes et humides des derniers jours.

- T’es prêt? m’a-t-elle dit.
- Ouais! Il est temps.

Les cheveux tout mouillés, j’ai poussé mon dernier soupir dans son oreille. En moins de trente secondes, j’étais devenu un homme.

C’est ça les premières fois.

D.

Pas un gars facile…

Un petit vendredi léger. Il y a une chanson de Steve Marin qui joue à la radio régulièrement et que j’affectionne particulièrement. On dirait ma vie en 3 minutes 31. On doit avoir vécu les mêmes choses! Steve (un autre) a d’ailleurs fait la comparaison sur ma page Facebook que je vous invite à joindre.

Peut-être la connaissez-vous déjà ou pas du tout. Peut-être vous ne vous êtes pas arrêtés aux paroles. Alors voilà! Paroles, musique et clip!

Steve Marin – Pas un gars facile

Avant pour moi c’était perdu d’avance
La vie n’était qu’un état d’urgence
Je la voulais ma place au soleil
Mais j’vivais dans ton regard, ton regard

On m’a trompé, blessé dès l’enfance
J’ai pleuré, j’ai souffert en silence
Mais j’ai décidé que ce n’serait plus pareil
J’ai assez perdu mon temps et puis maintenant

J’pas un gars facile
Je suis ton enfer
Ça t’fais mourir tellement tu m’désires
J’pas un gars facile
Même célibataire
Je prend plaisir et te pousse au délire
J’pas un gars facile

Me voila un monstre de vigilance
Quand tu m’offres l’amour en avalanche
Même si j’te parle tendrement à l’oreille
Tu ne prendras ni moi, ni mon corps

Des filles comme toi m’aurais tué avant
Là c’est toi qui repars en ambulance
Dans tes nuits blanches, tu vois bouger mes hanches
T’en parles à ta maman, tu mouilles en dedans

J’pas un gars facile
Je suis ton enfer
Ça t’fais mourir tellement tu m’désires
J’pas un gars facile
Même célibataire
Je prend plaisir et te pousse au délire
J’pas un gars facile

Tu me veux

J’pas un gars facile
Je suis ton enfer
Ça t’fais mourir tellement tu m’désires
J’pas un gars facile
Même célibataire
Je prend plaisir et te pousse au délire
J’pas un gars facile

D. (ben pas la chanson là!)

Bungie amoureux

Je suis sur une longue passerelle métallique. Celle-ci surplombe une immense falaise. Ça fait maintenant trois ans que j’escalade cette paroi escarpée. À ma cheville, un gros câble élastique est relié à je ne sais quoi. Ou peut-être pas.

Au bas de cette falaise, paraîtrait-il, se trouve un oasis magnifique. Enfin, c’est ce que les plus rêveurs racontent. Ah, j’ai déjà sauté en bas, juste pour voir. Mais je me suis accroché dans les roches sur le coté en tombant. Ça fait mal. Surtout quand on sait qu’on doit remonter après. Et ça, c’est pour ceux qui finissent par retrouver goût à l’escalade. La rémission peut être plus longue pour certain.

Je n’ai jamais vraiment vu ce qu’il y avait en bas. J’ai vu un petit peu d’eau, un peu de feuillage. Ça avait l’air beau. Mais c’était peut-être un mirage. C’était loin encore. Je pouvais prendre le lac entre mon pouce et mon index. Vous voyez comme c’était encore petit?

Sur ma passerelle, les gens sautent en se fermant les yeux, le sourire aux lèvres. Il y en a des plus hauts que moi. D’autres plus bas. D’autres qui attachent leur corde excités, d’autres qui la détachent et reprennent leur escalade. D’autres visiblement blessés, à peine guéris qui se lancent à nouveau. De vrais casse-cou. À chaque saut, ils se disent que c’est le bon.

Mais moi, j’hésite. Je n’ai pas nécessairement envie de rester dans le confort de ma passerelle toute ma vie, mais encore moins de sauter, là maintenant. J’ai peur. Du moins pour l’instant. Pour combien de temps?

Et si cette oasis n’était que de la frime?
Et si ma corde n’était pas attachée à une structure solide?
Et s’il ventait et que je me cognais durement dans les roches de la falaise?

Et si ma corde était trop longue? De l’eau c’est beau mais je ne veux pas me noyer non plus.

Et si je n’étais pas sur la bonne passerelle? Il y en a plein d’autres intéressante à voir, non?

La passerelle se remplit peu à peu. Les gens s’impatientent que je ne prenne pas une décision.

- Aweille! Saute ou continu à monter! Nous on veut sauter on n’a pas peur comme toi!
- Mais… mais…

Et je me réveille. Pourtant j’avais déjà les yeux ouverts. Je suis encore plus mêlé qu’avant. Bordel…

D.