Monthly Archives: octobre 2010

Seul à ma table

Seul à ma table, je regarde mes collègues souriants. C’est une soirée reconnaissance pour souligner les années de service des valeureux employés qui année après année sont toujours au poste. Pourtant, moi, je me force pour sourire. Je ne sais pas s’ils s’en rendent compte que je fake.

Seul à ma table, je me demande ce qu’ils diraient sur moi, si je fêtais aussi mes quinze ans d’ancienneté. Me rendrais-je jusque-là? J’en doute.

Seul à ma table, je regarde les gens sur la piste de danse. D’habitude, je suis là avec eux mais ce soir, je n’en ai pas envie.

- Allez viens danser!, me dit ma collègue en tirant sur mon bras mou.

Je reste assis sur ma chaise et je refuse poliment prétextant que je ne sais pas danser. Et pourtant, mon déhanchement de bassin rendrait jaloux bien des latinos.

Seul à ma table, je regarde mes collègues qui commandent des uppercuts et toutes sortes d’alcools vraiment bon dans lesquels je devrais avoir envie de me gaver. D’habitude je suis le premier à sortir la carte de crédit pour boire et payer des tournées. Va savoir, ce soir je n’en ai pas envie.

Seul à ma table ce soir, je me sens vide. Un peu comme hier et le soir d’avant. J’ai besoin de me retrouver. Savoir où je m’en vais.

Chère psy, je compte sur toi!

D.

Moi pis les artistes

Je suis abonné aux rencontres-éclair. Ces rencontres qui durent moins de 30 minutes et où l’ennui est palpable. On se parlait via un site depuis à peine une heure. Je ne perds pas de temps, vous le savez.

- Je serai à Montréal ce soir, je peux faire un tour te voir et si ça clique, te baiser comme tu ne l’as jamais été… je suis sur que ça te tente.
- Appelle-moi ce soir et on verra.

Bon ça ressemblait à peu prêt à ça à plus ou moins une vingtaine de mots. Vers 23 h 30 à la fin de ma soirée, elle accepta ma proposition. Veuillez noter l’utilisation parfaite du passé simple, ce temps de verbe mal aimé.

Je roulais sur Ontario à sa rencontre. Le coin je ne sais plus lequel ça n’a pas d’importance. D’ailleurs, je l’ai manqué car, j’étais trop concentré à regarder autour de moi et me rappeler les paroles de la chanson « La rue Ontario » de Bernard Adamus. Juste pour mettre un visuel sur les endroits dont il parle dans sa chanson. Mais quand je me suis rendu au bout, dans une espèce de rond-point, j’ai vite constaté que j’avais dépassé largement le lieu de rencontre.

À mon retour, elle était bien là. Assise sur un banc proche du coin de la rue.

- C’est toi sur le coin de la rue?
- J’imagine… tu es où?
- Tourne ta tête un peu à droite… oui voilà!

Nous nous sommes stationnés un peu plus loin et on a marché. En fait, je ne vous écrirai pas de flafla, on n’a fait que ça, marcher. Pas juste un tour de bloc, mais pas loin. Une rue au sud d’Ontario et une au nord. Pas plus que trois rues de large. Le temps d’une demi-heure. Le temps de savoir que ça ne cliquerait jamais.

Je n’ai pas la cote avec les artistes. J’ai l’impression qu’ils me regardent de haut à cause je ne connais pas les auteurs undergrounds. De son côté, elle fait partie d’une troupe de théâtre où seuls ses amis et peut-être les leurs connaissent l’existence.

- Mais je connais Michel Tremblay, je l’ai lu au Cegep! C’est bon j’ai trouvé.
- C’est plate raide, on ne donne pas du tout là-dedans.
- Et le théâtre d’été? Moi ça me fait rire tu sais!
- …

J’ai essayé. J’aurais dû me la fermer. Dire qu’on aime le théâtre d’été à une artiste, c’est comme avouer qu’on aime Lady Gaga à Edgard Fruitier.

Pourquoi lorsqu’il est question d’art, j’ai l’impression que seulement ce qui est connu d’un cercle ultra restreint est bon? Et que le populaire ne l’est pas de façon systématique?

On est passé devant sa porte sans s’y arrêter. Elle m’a reconduit à ma voiture quelques mètres plus loin, par politesse sans aucun doute. Pas de bec, pas d’au revoir. De part et d’autre, le feu n’a vraiment pas pris.

C’était l’évidence même, pas besoin de jouer la comédie cette fois.

D.

Je pète un plomb

Aujourd’hui, je suis en maudit. Ah non, pas en maudit. C’est beaucoup trop faible comme mot. Je suis en criss. En beau criss. Le plus beau criss que vous n’ayez jamais vu, imaginé ou entendu parler. Alors, je vais me vider le cœur. De façon claire, un peu comme si on se parlait tous ensemble devant une bière. Et oublié tout de suite la belle prose chic et la belle écriture que vous aimez tant. Ça va comme suit.

Exception faite des gens qui me connaissent et qui m’ont rencontré, comment faites vous pour savoir qui je suis? Est-ce qu’il y a des chasses aux trésors organisée à mon insu pour me trouver? Et vous gagnez quoi quand vous trouvez que c’est moi?

Pourquoi n’avez-vous rien d’autre à faire de votre vie que de vous plaindre aux responsables des sites de rencontre? D’aller leur dire que ma présence sur ces sites vous dérange? Qu’un climat de terreur règne dans vos vies car, vous risqueriez à tout moment de tomber sur la fiche du Dateur en Série. Et d’être dépeinte en vilaine cochonne dans un billet, ça vous fait peur, hein?

Êtes-vous capable de trouver un texte où j’ai manqué gratuitement de respect à quelqu’un dans le but de vous faire rire?

Chose-là et toute ta clique qui viennent voter pour les cinq derniers textes avec la note de « texte nul », je le vois que vos votes ont tous été donnés dans la même minute. À moins que vous lisiez vraiment vite, vous êtes juste une belle gang de sans dessein. Regardez-vous dans le miroir deux secondes et demandez-vous à quoi rime votre vie? Profitez-donc de cette belle minute que vous gaspillez à ruiner mon existence virtuelle pour dire à quelques personnes dans votre entourage que vous les aimez.

Ah non, c’est vrai. Vous êtes seuls dans le monde! Si le jour de la fin de ce blogue est si proche, c’est en majeure partie grâce à vous!

Je vous déteste. Faites que votre vie soit aussi vide jusqu’à ce que vous poussiez votre dernier souffle.

La fin approche de plus en plus.

D.