Flash-back: Ma première fois (2001)
Juillet 2001
- Allo, ça va?
- Ouais, toi?
- Ouais! On devient fuckfriend?
- Ok!
C’est un peu comme ça que j’ai déniché la fille avec qui j’ai eu ma première relation sexuelle. Enfin, c’est l’essentiel de la conversation. Je vous épargne son film et son groupe favori.
J’ai 18 ans. Et demie même mais, ça, on ne le dit plus un moment donné. Je suis puceau, encore. Je sais ce que c’est l’amour. Je sais ce que c’est se faire larguer, se faire tromper et avoir de la peine. Mais je ne sais pas ce qu’est de faire l’amour et je ne suis motivé que par cela ces temps-ci. Sachez donc que cette offre tombe pile.
10h50. Je suis assis sur le petit banc de bois devant le terminus. J’attends impatiemment celle qui dans les faits devrait me donner la chance d’être enfin un homme. Car n’est pas un homme encore celui qui n’a jamais inséré son Alice au Pays des Merveilles. Désolé pour la métaphore, j’ai été inspiré par ma soirée cinéma.
Je suis un peu stressé. Je sais que c’est ce soir. La soirée charnière. Le soir où il y aura dorénavant le Avant et le Après. Elle doit débarquer dans quelques secondes. Une minute tout au plus. Je vois l’autobus qui s’approche au loin. Les gens sortent un à un de l’autobus voyageur. Comme la photo qu’elle m’avait envoyée était minuscule je comptais sur le fait qu’elle me reconnaisse. Je souriais à tout le monde. Au cas. Soudain, une grande brune répondit à mon sourire.
- Salut!
Elle me plait bien. Pour une première fois du moins c’est parfait. Nous avons marché jusqu’au pit de sable. Une marche d’au moins 45 minutes. Un endroit tranquille, idéal pour boire en paix et retirer quelques vêtements. Ce soir c’est Goldschlagger. Personnellement je n’aime pas mais, j’en ai besoin pour enlever les inhibitions et me donner le courage de passer à l’acte. Nous nous sommes installés sur une couverture et nous avons, en vain, tenté de faire un petit feu.
Quelques grains de pluie se sont mis à tomber. Le contexte parfait pour un rapprochement. Allongés sur le sable, protégés par l’énorme couverture carreautée, nous nous sommes embrassés. Et ce, si passionnément que nous avons retiré notre linge.
La pluie qui coulait sur mon dos était froide. Elle contrastait avec les nuits chaudes et humides des derniers jours.
- T’es prêt? m’a-t-elle dit.
- Ouais! Il est temps.
Les cheveux tout mouillés, j’ai poussé mon dernier soupir dans son oreille. En moins de trente secondes, j’étais devenu un homme.
C’est ça les premières fois.
D.
Flash-back: Ma 2ème blonde (2001) – Part II
Ma relation avec Bo-T15 est on ne peut moins sérieuse. En effet, j’approche du 2 mois de relation. Ben quoi, c’est sérieux ça non? 2 mois c’est presque des noces de Jell-O. Faque, hein?
C’est par un soir de veillée Pascale. Je connais mes fêtes religieuses. Je viens d’ailleurs tout juste depuis quelques mois d’avoir le pouvoir de dire « Non Maman, je vais plus à l’Église ». La majorité m’aura apporté ça de plus. Bref, cette fête est entre le Vendredi Saint et Pâques. Étrangement, c’est toujours un samedi.
Sur MIrc, elle se connecte. On n’a pas MSN ni de cell comme je vous disais alors on se rejoignait là!
- Tu fais quoi ce soir mon amour, que je lui ai dit
- Ah je vais chez ma grand-mère pour Pâques, ça ne me tente pas. J’aimerais mieux être avec toi tu sais?
- Ah t’es cute, moi aussi j’aimerais ça être avec toi!
- Ah je t’aime!
- Ah moi aussi!
Quétaine, mais ça, on le voit pas quand on aime!
La soirée passe, les minutes sont longues sans ma belle Bo-t15. Soudain, son frère se connecte. Tiens, il n’est pas chez grand-maman lui? Peut-être qu’il ne l’aime pas autant que sa soeur.
Il vient me parler.
- Tu n’es pas avec ma sœur ce soir?
- Hey, non elle est parti chez ta grand-mère!
- Pas vraiment man… elle est en haut avec un gars…
- Quoi?
- Ben je pensais que tu le savais…
Vers 23 heures, elle se reconnecte. Je fais l’innocent mais je bouille intérieurement.
- Allo mon amour!
- Allo D. mon chéri!
- alors chez ta grand-mère?
- Ah c’était long et plate, en plus ma cousine est conne j’étais plus capable de l’endurer je voulais être juste avec toi!
- Ah c’est gentil… et c’est pour ça que tu me mens en pleine face?
- De quoi tu parles?
- Ben du gars avec qui tu étais dans ta chambre…
- Ah ce n’est pas ce que tu crois…
Je pensais qu’on disait juste ça dans les films « ce n’est pas ce que tu crois« . C’est ici que ma vie a commencé à en avoir l’air d’un.
D.
Flash-back: Ma 2ème blonde (2001)
Avril 2001
Depuis déjà 6 mois que j’acquiers de l’expérience avec les femmes. J’y prends goût petit à petit. On se rend vite compte qu’il n’y a rien de sorcier à flirter un peu et d’atteindre nos buts. J’ai déjà embrassé 4 filles dans la moitié d’une année. Je suis un vrai tombeur. Mais je suis puceau encore. J’attends la bonne. « La Bonne« , j’en rit un peu aujourd’hui. Enfin bref…
J’ai commencé a chatté avec une fille sur MIrc. Bo-t15. Beauté. Quinze comme dans son âge. J’ai 18 ans, ce n’est pas si mal! Elle habite dans ma ville, c’est déjà un gros plus car je n’ai pas encore de voiture et il y a trop de neige pour sortir mon vélo. Elle fume, mais ça ne me fait rien. En fait, je ne sais pas ce que ça fait d’embrasser une fumeuse. J’imagine que ce n’est pas si pire.
Un soir, ou plutôt une nuit on décide que c’est l’heure de se voir. Je suis jeune, je suis tenace, j’ai marché une heure pour me rendre à l’endroit du rendez-vous. Tempête de neige en prime. Mais la neige c’est romantique, non? Je suis arrivé à notre lieu de rendez-vous. Personne. J’ai attendu une heure sans jamais voir ma Bo-t15. Sans cellulaire, sans argent, sans rien, je suis revenu chez moi. Dans la tempête toujours. Beaucoup moins romantique sur le chemin du retour. Elle a eu un empêchement et comme les SMS n’existaient pas en 2001…
Elle m’a refait le coup une autre fois, mais beaucoup moins loin. J’étais là, à nouveau à attendre. Je suis reparti. Elle m’a dit par après m’avoir vu tourner les talons. Elle croyait que j’avais été déçu. Je l’ai cru. La troisième fut la bonne.
Il faisait beau cette journée-là. On a marché. Quand on est jeune et qu’on n’a pas d’argent, on marche. On s’en contente et on l’apprécie. Par la suite, elle m’a invité chez elle. Il y avait personne.
Dans sa chambre, elle a verrouillé la porte. Au cas. On s’est étendu dans son lit. Et on s’est embrassé toute l’après midi. Toute la soirée aussi. S’embrasser, c’est gratuit. C’est bon. Le temps passe vite. Déjà 20 heures, je dois partir.
Comme une fille de 15 ans, elle m’a dit je t’aime.
Et comme un gars sans expérience de 18 ans, je lui ai dit moi aussi.
D.
Flash-back: Ma première blonde – Part III (2000)
Lorsqu’on est jeune et qu’on n’a pas d’expérience, on planifie le jour et presque l’heure de notre premier moment en intimité. C’est ce que ma blonde et moi s’étions dits. Ça faisait quand même trois semaines que nous étions un couple. Il était temps de connaître les joies du sexe. Mais pas l’acte au complet quand même. Il faut y aller molo. Pas avant trois mois. Ça me semblait un délais raisonnable, non?
- Dimanche après-midi, mon père ne sera pas là! Viens!
- Parfait oui!
Et je suis parti le dimanche après-midi, avec mon vélo 21 vitesses grip shift. J’étais à la mode avec mon vélo. Elle pouvait bien sortir avec moi. J’ai donc enclenché ma vitesse au maximum, celle qui force le plus mais qui me rend le plus vite. Quand le sexe nous prend par les sentiments.
Je suis arrivé chez elle après 30 longues minutes de bicycle après m’être fait dépasser par une horde de motocyclistes. Il m’en faudrait bien une. On est passé directement à la chambre. Notre temps est compté, pas une seconde à perdre.
Rappelez-vous de votre première fois. Pas trop habile, on touche, on goûte, on découvre. C’est vraiment formidable. Ce n’est pas l’extase mais c’est spécial et nouveau. On n’est pas exigeant, tout est bon car on ne connait rien d’autre.
À la fin de l’après-midi, j’ai du la laisser prendre son autobus qui la ramenait chez sa mère nouvellement déménagée à l’autre bout du monde pour moi à l’époque, soit environ 20 minutes de route.
Le vendredi suivant, alors qu’on devait se voir, je suis allé lui parler sur MIrc avec un enthousiasme sans borne.
- Allo mon amour!!!
- Allo…
Les trois petits points qui tuent… Trois petits points et c’est fini.
D.





