J’assume que je ne sais pas dire bye au gens
Vers 21 heures jeudi dernier, Madame Sarcastique m’invite à aller la voir après son souper.
- Je te texte en finissant, tu viendras me voir.
- Ok ouais, ça me tente mais pas trop tard, là!
C’est finalement que trois heures plus tard que j’ai finalement eu de ses nouvelles.
- Toujours partant?
- Bof, il est tard… si on se rejoint à la même endroit je veux bien.
- Ok… à quelle heure tu peux être là?
- Minuit trente environ. Et je suis en culotte de jogging et j’ai la même veste que l’autre jour. Et je ne suis pas peigné. Any problem?
- Non je m’en fous.
Pour une deuxième date, je ne pouvais pas faire pire côté apparence. J’ai toujours dis que la deuxième rencontre revêtait un caractère plus important que la première car elle confirme ou infirme les impressions de la first date. Une chose est sûre, ce soir les bonnes impressions – s’il y a lieu – n’allaient pas être physique.
Nous avons discuté pendant un peu plus d’une heure dans son véhicule, avec les sièges baissés. Elle était si belle, juste là près de moi, en position horizontale. Heureusement qu’il faisait noir car, j’aurais eu bien du mal à cacher cette fâcheuse érection dans mes sweatpants. Ça toujours été ma phobie, à la petite école, d’en avoir une pendant un exposé oral alors que je portais quotidiennement des culottes de coton ouaté. Mais ça, c’est une autre histoire.
J’ai bien tenté quelques approches mais, elle est si froide ou bien tellement sur la défensive (allez donc savoir!) qu’on ne sait pas trop si elle a envie ou non. Alors je reculais ou bien elle me repoussait. Ouais je reculais, j’aime mieux ça, c’est moins démotivant. Devant le statut quo qui prévalait entre nous depuis tout ce temps, j’ai décidé de partir. Il était déjà tard et je travaillais le lendemain. Non, en fait je m’en foutais de ça. J’étais simplement en maudit qu’elle ne m’empoigne pas clairement pour me chevaucher.
- Et ce soir, tu vas me dire bye comment?
Je me suis approché d’elle tranquillement. Et j’ai approché lentement mes lèvres près des siennes et j’ai continué vers sa joue gauche où j’y ai déposé un baiser.
- Bye, bon retour!, lui répondit-je tout en fermant la portière avant de me retourner le sourire aux lèvres, fier de mon coup. Très fier.
Sur le chemin du retour, elle m’a texté. C’est un classique ou quoi d’envoyer un feed-back d’après rencontre. On fait tous ça mais, pourquoi on ne se le fait pas en personne? M’enfin…
- Je voulais te frencher mais mon envie de voir comment tu allais me saluer était trop fort, ahah!
Ouais, ben la prochaine fois ma chère Sarcastique, tu le feras si tu le veux tant! Quant à moi, je n’arrive pas à lire la game.
Ou bien j’ai perdu la main. Ce qui serait encore pire…
D.
Se faire prendre
Lundi dernier, j’étais paisiblement installé dans mon lit avec N, On s’amusait avec mon nouveau portable. Parfois juste les moments à ne rien faire de constructifs sont amusants lorsqu’on est bien avec quelqu’un. Naviguer sur Youtube et compagnie est une de ces choses-là. Écrasés, collés, de la bonne musique. Rien de plus. Mais pourquoi plus quand c’est déjà parfait?
Dans mon navigateur Firefox – quelqu’un utilise encore Internet Explorer ici? – j’ai des petits boutons qui me permettre d’accéder à mes sites favoris. Réseau Contact, Google, Facebook et… Dateur en série. Vous me voyez déjà venir, hein?
- J’ai quelque chose à te montrer sur Facebook!
- Ok go!
Étant un utilisateur médiocre du TouchPad de mon portable, j’ai cliqué malencontreusement sur le site à droite de celui du célèbre site de socialisation. La page s’ouvre. Les images d’un IPhone, de deux condoms bleus flash s’affichent sur mon écran. Profession: Dateur en série. Merde!
- Oh, c’est quoi ça?
- Ah… rien, rien, un site que je lis de temps en temps, lui dis-je tout en cliquant sur le bon site.
On navigue, on baise et on dort. Pas de question sur le mystérieux site.
Le lendemain soir elle m’écrit tout bonnement sur MSN.
- Tu écris bien!
- De quoi tu parles?, répondis-je l’air innocent. J’aurais joint l’émoticon de l’innocence mais je ne l’ai pas.
- Le Dateur en série là. Tu écris bien moi je trouve. Je suis allée voir en arrivant chez moi. Ça m’intriguait trop.
- J’imagine que tu ne veux plus me parler jamais, hein? Je ne suis qu’un sale courailleux n’est-ce pas?
- Ben ça, j’en doutais déjà un peu. Mais non sérieusement, ça me permet de mieux te comprendre. Je comprends pourquoi tu as si peur de l’engagement maintenant.
Je vous ai déjà dit que N. était la meilleure fille du monde?
Maintenant oui.
D.
Petit bonheur matinal
Toum, douloudoum, douloudoudoudoudoudoum, doudouloudoudoudoudoudoudoudoudoudou, toudou, toutouloudoudoum
L’alarme de mon cellulaire fait cette chanson. Si on peut appeler ça une chanson. C’est aussi agressant le de lire que de l’entendre. Sinon plus. Surtout à 5h45. Je ne suis pas dans mon petit lit simple. N est à coté de moi. C’est son lit en fait. Nous ne sommes pas chez des inconnus dont nous avons squatté le lit. Détrompez-vous.
Je dois quitter car j’ai prévue prendre le traversier de 6h30 pour retourner dans mon petit patelin
gagner ma vie. Mais j’ai froid un peu. Je me tourne vers elle et je passe mon bras droit sous son oreiller et je l’enlace de mon bras gauche qu’elle agrippe instinctivement comme enfant le fait avec la jambe de sa mère. Mon torse se réchauffe petit à petit contre son dos brûlant.
Je replace l’alarme à 6h17. Je prendrai celui de 7 heures. Juste quelques minutes de plus dans ce bonheur matinal.
À et 17, pas une minute de plus, l’alarme militaire se refait entendre. Je vous éviterai les onomatopées agressants. Et pourquoi pas une petite demi-heure encore. Je ne serai pas en retard.
Son corps s’emboîte si bien dans mes bras. Sa chaleur est juste parfaite. Apaisante, enveloppante. Pourquoi ne pas en profiter un peu plus.
Et un autre 30 minutes, puis un autre, jusqu’à 8h20. Je me rhabille avec l’enthousiasme de quelqu’un qui s’en va travailler. Ses bras sont toujours placés comme s’ils tenaient mon bras.
- Bonne journée, lui dis-je en l’embrassant sur le front.
- Mmmm mmm, bafouilla-t-elle endormie en guise de « toi aussi ».
Et elle s’est retournée pour cacher sa tête dans son oreiller.
Maudite chanceuse.
D.






