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Comment PY Lord m’a sauvé la vie

Elle est assise dans ses marches et moi je suis devant elle, debout. J’ai la main dans la poche et je joue avec mes clés. Je me tiens à une bonne distance d’elle. Je ne suis pas dans sa bulle et ni elle dans la mienne. C’est froid.

Mais pourtant, elle parle. Je veux partir. Je sens aussi qu’elle s’ennuie avec moi donc je ne devrais pas m’en faire de lui dire que je ne rentrerai pas chez elle. Mais au cas où elle aurait aimé ça, je ne veux pas lui faire de peine. Alors, j’attends le bon moment pour m’en aller. J’ai pensé lui faire conter jusqu’à dix les yeux fermés mais, non. Ce n’est pas fin.

Au départ, nous étions supposés aller prendre un verre au Miss Villeray et se faire ensuite une raclette et boire du vin rouge. Le plan tout indiqué pour les rapprochements. Ça devait cliquer ça ne pouvait en être autrement. Ça allait bien pourtant sur Monclasseur. Et on rigolait bien dans nos textos.

Nous avons marché jusqu’au cabaret à quelques minutes de marche. J’étais déjà tanné. Je parlais, je posais des questions mais, je ne recevais que des réponses fermées auxquelles il est impossible de relancer. C’est aussi pire que quelqu’un qui ne répond qu’avec un LOL sur MSN. On ne peut rien faire contre ça. Sinon poser une autre question. Après cinq on s’écoeure.

Nous n’avons pris qu’une bière chacune. J’aurais pris une pinte mais, comme elle a choisi un verre il était évident qu’elle avait déjà hâte de partir. Un maigre vingt minutes. J’ai même payé pour elle. Quel idiot.

- J’ai pas très faim, on fait le tour du parc?
- Ok…

Après cette marche, nous sommes repassés devant chez elle. Elle s’est assise, je suis resté debout. Pendant un bon quinze minutes.

- Bon on fait qu’on fait, que je lui ai dit en souhaitant un refus. On ne jasera pas sur le portique toute la soirée.
- Tu peux venir, mais j’écoute Occupation double à 8h30.
- Ah ben tu sais… je n’aime pas vraiment ça moi, OD, je vais rentrer chez moi.
- Ok.

Pas de déception. Rien. On aurait même dit du soulagement. On ne s’est jamais redonné de nouvelles par la suite.

Et c’est comme ça que cette émission insipide m’a sorti d’embarras!

D.

Moi pis les artistes

Je suis abonné aux rencontres-éclair. Ces rencontres qui durent moins de 30 minutes et où l’ennui est palpable. On se parlait via un site depuis à peine une heure. Je ne perds pas de temps, vous le savez.

- Je serai à Montréal ce soir, je peux faire un tour te voir et si ça clique, te baiser comme tu ne l’as jamais été… je suis sur que ça te tente.
- Appelle-moi ce soir et on verra.

Bon ça ressemblait à peu prêt à ça à plus ou moins une vingtaine de mots. Vers 23 h 30 à la fin de ma soirée, elle accepta ma proposition. Veuillez noter l’utilisation parfaite du passé simple, ce temps de verbe mal aimé.

Je roulais sur Ontario à sa rencontre. Le coin je ne sais plus lequel ça n’a pas d’importance. D’ailleurs, je l’ai manqué car, j’étais trop concentré à regarder autour de moi et me rappeler les paroles de la chanson « La rue Ontario » de Bernard Adamus. Juste pour mettre un visuel sur les endroits dont il parle dans sa chanson. Mais quand je me suis rendu au bout, dans une espèce de rond-point, j’ai vite constaté que j’avais dépassé largement le lieu de rencontre.

À mon retour, elle était bien là. Assise sur un banc proche du coin de la rue.

- C’est toi sur le coin de la rue?
- J’imagine… tu es où?
- Tourne ta tête un peu à droite… oui voilà!

Nous nous sommes stationnés un peu plus loin et on a marché. En fait, je ne vous écrirai pas de flafla, on n’a fait que ça, marcher. Pas juste un tour de bloc, mais pas loin. Une rue au sud d’Ontario et une au nord. Pas plus que trois rues de large. Le temps d’une demi-heure. Le temps de savoir que ça ne cliquerait jamais.

Je n’ai pas la cote avec les artistes. J’ai l’impression qu’ils me regardent de haut à cause je ne connais pas les auteurs undergrounds. De son côté, elle fait partie d’une troupe de théâtre où seuls ses amis et peut-être les leurs connaissent l’existence.

- Mais je connais Michel Tremblay, je l’ai lu au Cegep! C’est bon j’ai trouvé.
- C’est plate raide, on ne donne pas du tout là-dedans.
- Et le théâtre d’été? Moi ça me fait rire tu sais!
- …

J’ai essayé. J’aurais dû me la fermer. Dire qu’on aime le théâtre d’été à une artiste, c’est comme avouer qu’on aime Lady Gaga à Edgard Fruitier.

Pourquoi lorsqu’il est question d’art, j’ai l’impression que seulement ce qui est connu d’un cercle ultra restreint est bon? Et que le populaire ne l’est pas de façon systématique?

On est passé devant sa porte sans s’y arrêter. Elle m’a reconduit à ma voiture quelques mètres plus loin, par politesse sans aucun doute. Pas de bec, pas d’au revoir. De part et d’autre, le feu n’a vraiment pas pris.

C’était l’évidence même, pas besoin de jouer la comédie cette fois.

D.

Frencher pour frencher

Bordel, qu’est-ce que je suis en train de faire là moi? Croqueuse #1 est à cheval sur moi, on s’embrasse goulûment sur un banc de parc mais pas dans un parc. Vous comprenez? C’est le modèle banc de parc classique mais qui ne se retrouve pas dans un parc. C’est plus clair là hein?

On est en fait en arrière des HLM les plus crasses de Montréal. Sur Sanguinet près d’Ontario. Vous voyez lesquels hein? Et probablement que leurs habitants – crasses eux aussi – nous regardent d’un air mi-curieux, mi-gêné. Si vous y habitez, désolé pour l’insulte gratuite et je vous le confirme : c’était nous les deux personnes mercredi soir sans pudeur que vous avez espionnés en vous masturbant secrètement pendant que votre femme et vos chers enfants dormaient.

Je n’ai probablement jamais autant frenché qu’à ce moment précis de ma vie. Et pourtant c’est froid. Je le sais, elle me l’a dit avant. Je ne suis pas son type – trop bon gars parait-il – mais elle est curieuse et elle a envie d’embrasser. Pas nécessairement de M’embrasser.

Et moi, je la trouve bien mignonne et attirante alors je profite du fait qu’elle veuille bien. Mais c’est n’importe quoi. C’est froid, c’est de la fausse passion. C’est embrasser pour rien.

Je sais que quand je vais dire « ok on rentre », qu’il n’y aura plus d’autre fois. Dois-je étirer le moment? Je suis tiraillé entre le fait que frenché c’est le fun, mais que frencher une fille qui ne veut pas te revoir après… c’est très plate.

*****

Quand elle est débarquée de ma voiture, après lui avoir donné deux baisers sur les joues cette fois, je me suis m’y à réfléchir. Pourquoi je l’ai fais? Si ce n’est que pour essayer de lui faire changer d’idée avec des talents, je n’y vois pas d’autres raisons.

C’était complètement stupide de notre part. Un gars attiré par une fille inintéressée ne devrait pas la frencher. Et vice versa.

Pas d’accord?

D.

J’assume que je ne sais pas dire bye au gens

Vers 21 heures jeudi dernier, Madame Sarcastique m’invite à aller la voir après son souper.

- Je te texte en finissant, tu viendras me voir.
- Ok ouais, ça me tente mais pas trop tard, là!

C’est finalement que trois heures plus tard que j’ai finalement eu de ses nouvelles.

- Toujours partant?
- Bof, il est tard… si on se rejoint à la même endroit je veux bien.
- Ok… à quelle heure tu peux être là?
- Minuit trente environ. Et je suis en culotte de jogging et j’ai la même veste que l’autre jour. Et je ne suis pas peigné. Any problem?
- Non je m’en fous.

Pour une deuxième date, je ne pouvais pas faire pire côté apparence. J’ai toujours dis que la deuxième rencontre revêtait un caractère plus important que la première car elle confirme ou infirme les impressions de la first date. Une chose est sûre, ce soir les bonnes impressions – s’il y a lieu – n’allaient pas être physique.

Nous avons discuté pendant un peu plus d’une heure dans son véhicule, avec les sièges baissés. Elle était si belle, juste là près de moi, en position horizontale. Heureusement qu’il faisait noir car, j’aurais eu bien du mal à cacher cette fâcheuse érection dans mes sweatpants. Ça toujours été ma phobie, à la petite école, d’en avoir une pendant un exposé oral alors que je portais quotidiennement des culottes de coton ouaté. Mais ça, c’est une autre histoire.

J’ai bien tenté quelques approches mais, elle est si froide ou bien tellement sur la défensive (allez donc savoir!) qu’on ne sait pas trop si elle a envie ou non. Alors je reculais ou bien elle me repoussait. Ouais je reculais, j’aime mieux ça, c’est moins démotivant. Devant le statut quo qui prévalait entre nous depuis tout ce temps, j’ai décidé de partir. Il était déjà tard et je travaillais le lendemain. Non, en fait je m’en foutais de ça. J’étais simplement en maudit qu’elle ne m’empoigne pas clairement pour me chevaucher.

- Et ce soir, tu vas me dire bye comment?

Je me suis approché d’elle tranquillement. Et j’ai approché lentement mes lèvres près des siennes et j’ai continué vers sa joue gauche où j’y ai déposé un baiser.

- Bye, bon retour!, lui répondit-je tout en fermant la portière avant de me retourner le sourire aux lèvres, fier de mon coup. Très fier.

Sur le chemin du retour, elle m’a texté. C’est un classique ou quoi d’envoyer un feed-back d’après rencontre. On fait tous ça mais, pourquoi on ne se le fait pas en personne? M’enfin…

- Je voulais te frencher mais mon envie de voir comment tu allais me saluer était trop fort, ahah!

Ouais, ben la prochaine fois ma chère Sarcastique, tu le feras si tu le veux tant! Quant à moi, je n’arrive pas à lire la game.

Ou bien j’ai perdu la main. Ce qui serait encore pire…

D.