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Zone inexplorée

Couché dans mon lit, je vis des sensations que je n’ai jamais connues auparavant.

Mes orteils se font aller dans tout les sens et tentent d’agripper les couvertures. Mes mains serrent l’oreiller mou sous ma tête. Mes fesses se contractent un peu plus souvent qu’à l’habitude. Mon ventre se contracte à en faire mal. Ma respiration est beaucoup plus rapide et je laisse pousser malgré moi des petits sons qui pourraient éveiller l’ouïe fine de certains dormeurs.

Le moment de tout relâcher arrive. Je n’en peux plus. Tu sens la pression dans ta main. Tu approches ta bouche.

L’extase. Un dernier souffle. Mes muscles se détendent. Le silence.

*****

Avec ton petit doigt dans mon cul, ce n’est pas pareil on dirait.

J’aime ça. C’est nouveau. C’est spécial.

Oui c’est ça, c’est spécial.

D.

Histoire coquine aux retrouvailles

- Salut!
- Salut!

-L’estampe c’est pour pouvoir sortir de la salle!, que lui ai dit en lui apposant le petit bonhomme sourire bleu qui tache sur sa main.
- Cool! Je peux avoir mes deux becs?
- Ok…!

J’ai répondu OK d’une façon un peu surprise car des 70 filles présentes dans la salle pour nos retrouvailles de dix ans du secondaire, c’est la seule qui a exigé un bec. Deux en fait. C’est une fille que je connais depuis l’école primaire. Elle n’a jamais vraiment attiré mon attention. Elle a changé un peu depuis toutes ces années mais je peux pas vraiment dire qu’elle est mon genre. De toute façon, c’est juste un petit bec de salutation comme certaines filles l’exigent. Pourquoi je m’en fais tant et que j’en fait un paragraphe?

Tout le monde est finalement assis pour le début du souper. Le vin est à volonté durant le repas. C’est un Vittori et c’est très bon quoi que vous en dites. Alors c’est à coup de deux bouteilles que je vais en chercher pour ma table pour profiter pleinement du bar ouvert. Inutile de vous dire que rendu au dessert je ris aisément et ma vision commence à être trouble. Alors que quelques sièges à ma table se libère, la jeune fille du début revient vers moi et se tire une chaise à mes cotés.

La conversation qui suit résumera l’essentiel de ce qu’on doit retenir.

- Alors tu es rendu où dans la vie?, qu’elle me demande.
- Bla bla bla.
- Pourquoi tu me répond bla bla bla
- Car mes lecteurs s’en foutent.
- Quels lecteurs?
- Laisse tomber.
- T’es célibataire?
- Ouais et toi?
- Ouais.

Elle n’y va pas quatre chemins la petite. Je trouve la plus belle que tantôt. Sa robe d’été moulante verte lime dévoilait une poitrine magnifique que je regardais du coin de l’?il par intermittence tout en essayant de suivre la conversation. De façon pas aussi subtile que je le voulais. En état d’ébriété, on est moins agile.

La soirée s’est poursuivie chacun de notre coté pendant une heure jusqu’à ce que je la revois sur la piste de danse. Je suis allé lui parler et on s’est murmuré quelque chose qui ressemblait, de mémoire de gars chaud, à « On sort frencher? Ok oui ». Je l’ai trainée par le bras derrière les panneaux qui séparaient la salle en deux.

Mes mains ont lentement glissées le long de sa jupe et mes doigts sous sa petite culotte.

- Wo wo… pas ici tsé. On va se rappeler si tu veux.
- Mesant que je veux!

Nous sommes allés à l’extérieur par la sortie de secours et on a continuer à s’embrasser comme si on avait attendu ce moment depuis 10 ans. Beaucoup de langue et la respiration qui s’accélère d’un cran. Quand on est chaud y’a toujours beaucoup de langue. Ses seins sortis de sa robe goûtaient probablement meilleurs que le gâteau cappuccino que je n’ai jamais reçu.

Le lendemain en me réveillant, la tête qui ne voulait qu’exploser, j’ai repensé à tout ça. « Mesant que je veux !». Qu’est-ce que j’ai bien pu dire là. Maudit alcool!

Je n’ai pas donné de nouvelles et je n’en ai pas plus reçu. La vie est donc bien faite.

D.

Ça fait peur…

Alors cette fameuse St-Valentin? Vous l’avez fêtée? Vous qui êtes en couple depuis longtemps vous y pensez encore? Et les célibataires? Vous êtes sortis entre gars et entre filles pour boycotter cette fête de l’amour? Ou bien comme moi, vous avez choisi une personne pour prendre le rôle de la valentine l’instant d’une soirée?

Vendredi dernier, vers 15 heures, N et moi sommes partis sur la 40 en direction de la très romantique ville de Québec. Tant qu’à jouer le jeu on va le jouer comme du monde, non? Nous avions réservé au Grand Hôtel Times, un loft avec cuisinette. Et dans notre idée, cuisinette rimait avec le fait de se faire la bouffe, principalement une raclette. Alors, nous avions tout ce qui faut même un fil d’extension.

Arrivés à la réception, on nous fait signer un document comment quoi on ne fumerait pas dans la chambre. Pas le droit de fumer, pas le droit de faire de la raclette ça allait de soit. Il fallait cuisiner de quoi de romantique avec un simple four micro-ondes, un espace comptoir de 30 centimètres et un lavabo. Nous avons opté pour le poulet. Bon ce n’est pas un blogue de cuisine ici.

À la dernière bouchée notre magnifique volaille IGA, nous entamions notre deuxième bouteille de vin. Comme la piscine fermait à 22 heures elle est allé enfiler son maillot. Elle était belle. Je me suis approché d’elle. Nous ne nous sommes rien dit. Je lui ai enlevé son bikini dans le temps de le dire et je l’ai poussé sur l’immense lit king drapé de draps blancs. Je vous jure, ce n’est pas pour faire de la poésie, le lit était comme ça. Nous avons fait l’amour sans dire un seul mot au rythme de Pierre Houde, Richard Garneau et des Indiens qui criaient pendant la cérémonie d’ouverture des Jeux. Un bon résultat. Je te le dis.

Nous avons apporté notre deuxième bouteille à la piscine. Le party était pris. Rien à voir avec la St-Valentin. Plein de parents de jeunes joueurs de hockey en tournoi dans la capitale qui festoyaient pendant que leurs jeunes dormaient. Et des parents, ça fêtent fort. Même un s’est lancé tout habillé dans la piscine.

Quand la dernière goutte de la bouteille fut versée, nous sommes retourné à la chambre où un bon rosée Gallo et du sexe nous attendait. Pendant que je devait vérifier quelque chose d’important sur l’ordinateur, soit par combien le Canadien s’était fait battre, elle est allée s’étendre dans le lit.

- Ah ben, une autre défaite!
- …
- N?

Je me suis retourné. Elle dormait déjà en étoile dans le lit. L’alcool l’avait emmener dans les bras de Morphée. Pour la St-Valentin endiablée qu’elle m’avait promise, on repassera. J’ai du me résigner que c’était l’heure de dormir. Au diable le rosé et le gâteau au fromage qui restera sagement sur sa tablette du mini-frigo.

Blotti contre elle sous les grosses couvertures je me suis finalement dit que je n’étais pas si pire que ça au fond. Plutôt bien même. Un bonheur qui fait réfléchir. Un bonheur qui me travaille à quelque part qu’on n’a pas touché depuis longtemps…

Ça fait peur.

D.

Un bain tourbillon c’est toujours gagnant

- Tu fais quoi ce soir?, me dit Sand.
- Rien du tout, tu proposes?
- Je ne sais pas, t’as des idées?
- Et si on partait en road trip vers Ottawa.

Et de fil en aiguille nous avons opté pour faire cette ballade dans la merveilleuse région de… Lanaudière. Faut avoir les moyens de nos ambitions et les ambitions de nos moyens comme dirait mon professeur. Ben quoi? Rien de tel qu’une promenade dans St-Liguori non? Que je vous vois dire le contraire. Mes hommages aux Liguorois ou Liguorien. À vous autres, là.

Bref, je suis allé la chercher vers 21H30. Sur de mon chemin, je n’ai pas consulté le petit Post-It que je m’étais fait pour noter mon chemin dimanche dernier. Bien entendu, je me suis perdu royalement dans les rues industrielles de Montréal. Chemin Rockland par la 15 via la 40. J’ai même fait honte à tous les hommes en demandant mon chemin juste pour vous dire à quel point j’étais perdu. Je n’ai rien compris, la dame parlait en russe… j’étais vraiment loin.

Elle m’attendait dans les marches de son appartement quand je suis arrivé. Il nous restait 8 minutes pour nous procurer de la bière que nous voulions boire dans un motel. Anecdote lors de l’achat de la bière: L’employé du Shell sur Jarri est un trou du cul. En lui tendant le reçu de ma transaction que je n’avais pas besoin il me répond avec arrogance :

- I’m not the garbage man!!!

Trou de cul et anglais en plus. Je brandis la Loi 101!

Direction 40 Est vers Repentigny. Ensuite Ste-Marie-Salome, St-Ligori, St-Jacques, Joliette et St-Charles-Borromé. Une révélation nous est apparue au milieu de nul part dans la nuit où les mots magiques s’illuminaient en néon bleu.

Motel Joliette. VACANT. La joie après 2 heures de routes de campagne qui semblent mener nul part.

Le tenancier – chinois, ça va de soit – nous informe qu’il en coûte « Quatvinonze doard avec bi toubion doube ». Moins de 100 dollars pour une chambre avec bain tourbillon double, je n’ai pas revu ça depuis la belle époque du Motel Canada. Je l’ai rempli. Au cas.

Il était 2 heures du matin et nous voulions sortir dans un petit bar pas très loin. 45 minutes avant le Last Call et que les lumières s’allument. Nous avons englouti tous les shooters inimaginables dans le temps de le dire. Et nous sommes revenus au motel.

J’ai bien fait de remplir le bain. Rien à rajouter! Clin d’œil, clin d’œil. Le pouce dans les airs, toute.

D.