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Le Dateur se drogue

S’il y avait un come-back des plus improbables, c’était bien celui de Sand. Après toutes les histoires qu’on avait vécues qui dépassaient largement l’imagination et le fait qu’il était évident qu’un gentil garçon comme moi n’était pas son genre et qu’une vilaine fille comme elle n’était pas le mien, tout être normal aurait décliné une reprise de contact.

Suis-je normal? Bonne réponse!

C’était donc vendredi il y a deux semaines.

- Qu’est-ce qu’on fait pour notre come-back Sand?
- On pourrait prendre du kratom!
- Du kra-quoi?

S’en suit une explication qui ressemble à ceci.

- C’est légal? (Car moi je suis la loi au point-virgule près, voyons!)
- Très légal, on achète ça dans un magasin de hippie-raver.
- C’est quoi le buzz?
- Tu mélange ça dans de l’eau et du jus et tu te sens comme si tu étais saoul mais lucide et sans les effets du lendemain de veille.

Le meilleur des deux mondes quoi! Alors je suis allé la chercher et nous nous sommes rendus dans la petite boutique perdue, coin Prince-Arthur et De Bullion. Un commis avec une barbe des séries – en fait il se la fait pousser depuis 1993 je crois – est derrière son comptoir. Son magasin est rempli de t-shirts multicolores et placardé d’invitations pour des soirées rave ou de spectacles de musique spirituelle et relaxante. Allez-donc savoir!

Nous avons pris 20 grammes. Le kratom ressemble à de la farine mais de couleur vert-brun. Enfin rien d’appétissant sachant que je devrai le boire plus tard. Rendus à la maison, elle a fait bouillir de l’eau pour faire infuser la fameuse substance. L’eau est devenu couleur Fleuve St-Laurent. Même avec le jus d’orange, la couleur n’en était pas plus attrayante. En plus, les petits grains ne se diluent pas complètement dans l’eau.

L’odeur? Celle du thé. Le goût? Complètement dégueulasse. Après avoir pris une bonne gorgée, on se sent comme si ont avait avalé une poignée de sable. En voulez-vous?

J’ai réussi tout de même de peine et de misère a boire mon grand verre de plastique. Mais l’effet recherché ne s’est pas fait sentir.

- Tu ne sens rien?
- Vraiment rien? C’est normal?
- Ouais peut-être, je vais t’en faire un peu plus.
- Euhm… ok!

Après mon deuxième verre, toujours rien. J’ai même plutôt faim. On part donc s’acheter une poutine sur le plateau Mont-Royal. Soudainement j’ai senti une petite chaleur m’envahir. Et puis rapidement l’impression d’être dans un four crématoire. Je suis devenu étourdi et la sueur perlait sur mon front. Ma respiration s’est accélérée grandement. J’ai garé ma voiture sur le coté croyant que j’allais vomir. Les symptômes se sont estompés en quelques minutes pour revenir un peu plus tard.

J’avais si chaud que je marchais en t-shirt sous la pluie battante et le tonnerre qui grondait sans en tenir rigueur. Je n’avais qu’une envie: m’étendre et dormir. Je me suis couché rendu chez elle, avec l’impression de rentrer dans le matelas tellement j’étais mort de fatigue.

Même effets que l’alcool sans les mauvais cotés et la lucidité? Mon œil Sand! J’aime mieux oublier des soirées avec la boisson que de me rappeler de celle-là!

D.

Dieu m’a choisi d’entre tous!

Voici un message reçu dans ma junkmail de Dateur en série. Je me demande bien sur quoi dieu se base aujourd’hui pour avoir choisi le Dateur comme héritier…

*****

Que la Paix et la miséricorde de Dieu soient avec vous.

Bien aimé, [bon ça part ben!]

De nos jours, les prières valent du temps ; beaucoup plus précieux que l’or et le diamant. [bla bla bla bla bla...baratin!]

Au bout de six ans de mariage, il mourait après une brève et simple maladie de 4 jours. Depuis sa mort, je me débattais aussi dans des maladies comme le cancer du cerveau et le diabète ce qui m’a poussé à venir me soigner ici à (LONDRE). Tout récemment, mon docteur m’a dit que je ne survivrais pas au bout des trois prochaines semaines à venir, ceci dû à mon problème de cancer qui me gênait depuis fort longtemps. Ayant connu mon état de santé actuelle, ma décision est de faire don, à un organisme de charité, tout ce que j’ai hérité de mon mari défunt. Dans la crainte de trouver des personnes de bonnes moralités qui puissent user de cet argent à de bonnes fin, je vous ai choisi par mis ceux que Dieu a voulu bénir et c’est pourquoi j’ai décidé de vous léguer ma fortune de DEUX MILLION VINGT CINQ MILLE DOLLARS US (2.025.000 Us Dollars) Avec toute la modestie et la sincérité d’une donatrice. Le monde se pervers tellement sur la miséricorde de Dieu que j’ai pris cette décision parce que je n’ai pas eu d’enfant avec mon marie qui puissent hériter de cet argent, non plus je n’ai pas de famille car pour mettre fiancé avec un homme de couleur noire après la mort de mon époux CARLOS ASHLEY, [et bla bla bla bla... je verse une larme]

Aussitôt que je reçoive votre réponse, et votre disponibilité confirmer de recevoir cet argent et de l’utiliser honorablement, je vous donnerai le contact de l’institution en république du BURKINA-FASO [et bla bla bla bla encore... on fait tout confiance aux banques de là-bas...]

À plus tard
Mme JANET ASHLEY.
Que la Paix et la miséricorde de Dieu soient avec vous.

*****

Pareillement à vous!

D.

Nourrir l’ambiguïté

Mon blogue commence à être drôlement populaire. Axe me demande de faire des pubs pour eux dans mes textes. C’est chouette. Le magasine Urbania.ca me propose une entrevue avec eux. C’est doublement chouette et valorisant. De plus en plus de gens me lisent et l’homme qui a vu l’homme qui a vu un dossier ouvert a de forte chance – ou malchance – de trainer ici et de le dire à l’homme pour qui le dise au dossier ouvert. C’est ce qui est arrivé récemment et ce qui arrivera dans le futur.

J’ai donc trouvé une solution pour garder mon anonymat à son maximum. Je vais donné dans la… euhm… consultons le dictionnaire des antonymes pour « précis » et « catégorique »… « Ambiguïté » voilà le mot que je cherche!

Alors voilà de quoi pourrait avoir l’air d’une date typique mais en gardant comme mot d’ordre: « Ambiguïté ».

*****

Elle m’attendait là. Dans cette ville près de Hull et de Gaspé. Pour vous situer, c’était un peu plus au nord que Sherbrooke mais plus au sud de Kuujjuaq. Vous savez d’où je parle. C’était à cet endroit près de la sortie de l’autoroute, à l’ouest.

Elle m’a regardé inévitablement puisque j’étais devant elle. Plus à gauche que devant, en fait. Les quelques mots que nous nous sommes échangés au départ voulait tout dire: « Allo, ça va? » Je n’ai pu répondre que par l’affirmative ce qui la fit sourire chaudement.

Nous sommes allé à l’endroit où nous avions garé nos voitures. Un gros endroit comme on les aimes, où l’on y mange, bois, regarde, rit. Vous voyez. Elle a ouvert la porte du populaire commerce et je l’ai retenu pour qu’elle se referme doucement derrière nous, ou pas. En fait, la porte à claqué.

Le menu varié m’a permis d’opter pour ceci et elle a plutôt choisi l’article 2 de la table d’hôte. Bon choix car elle pouvait obtenir un café et un dessert. Pas moi. Mon repas était succulent. Un peu trop chaud par contre, je me suis brûlé le bout de la langue, mais elle ne l’a pas remarqué. Nous avons eu des échanges verbaux. Plusieurs. À au moins plusieurs moments durant la soirée, nous passions d’un sujet à l’autre. Où nous avons rit et parfois simplement hoché de la tête en guise d’écoute active. Chacun notre tour.

Et nous sommes parti de cet endroit ayant épuisé tous les sujets qui nous mena petit à petit jusqu’à mon éjaculation. Quelque part près de l’endroit où nous étions. À tout au plus quelques instants.

Sur le chemin du retour, elle m’a texté et j’ai retourné son texto positivement car nous avions tout deux, trouvé notre rencontre réciproquement amusante.

N’était-elle pas amusante à lire?

Devrais-je en arriver là… j’espère que non!

D.

Se faire prendre

Lundi dernier, j’étais paisiblement installé dans mon lit avec N, On s’amusait avec mon nouveau portable. Parfois juste les moments à ne rien faire de constructifs sont amusants lorsqu’on est bien avec quelqu’un. Naviguer sur Youtube et compagnie est une de ces choses-là. Écrasés, collés, de la bonne musique. Rien de plus. Mais pourquoi plus quand c’est déjà parfait?

Dans mon navigateur Firefox – quelqu’un utilise encore Internet Explorer ici? – j’ai des petits boutons qui me permettre d’accéder à mes sites favoris. Réseau Contact, Google, Facebook et… Dateur en série. Vous me voyez déjà venir, hein?

- J’ai quelque chose à te montrer sur Facebook!
- Ok go!

Étant un utilisateur médiocre du TouchPad de mon portable, j’ai cliqué malencontreusement sur le site à droite de celui du célèbre site de socialisation. La page s’ouvre. Les images d’un IPhone, de deux condoms bleus flash s’affichent sur mon écran. Profession: Dateur en série. Merde!

- Oh, c’est quoi ça?
- Ah… rien, rien, un site que je lis de temps en temps, lui dis-je tout en cliquant sur le bon site.

On navigue, on baise et on dort. Pas de question sur le mystérieux site.

Le lendemain soir elle m’écrit tout bonnement sur MSN.

- Tu écris bien!
- De quoi tu parles?, répondis-je l’air innocent. J’aurais joint l’émoticon de l’innocence mais je ne l’ai pas.
- Le Dateur en série là. Tu écris bien moi je trouve. Je suis allée voir en arrivant chez moi. Ça m’intriguait trop.
- J’imagine que tu ne veux plus me parler jamais, hein? Je ne suis qu’un sale courailleux n’est-ce pas?
- Ben ça, j’en doutais déjà un peu. Mais non sérieusement, ça me permet de mieux te comprendre. Je comprends pourquoi tu as si peur de l’engagement maintenant.

Je vous ai déjà dit que N. était la meilleure fille du monde?

Maintenant oui.

D.