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Le soir où je n’ai frenché qu’une seule personne – Part I

jourdelan2012

3h15 du matin, 1er janvier 2012 devant le Café Campus

– Hey les gars, vous ne devinerez pas qui j’ai frenché ce soir, nous dit en riant le Fils du prof d’économie.
– Non qui?, que je répondis intrigué.
– Marie, la fille juste là-bas!
– Bonne fille que tu disais, hein? Ok c’est beau on s’en va on la laisse icitte!, dit Morsure sans hésiter! Vite vite!

*** Retour en arrière dans la soirée ***

Pop!! La bouteille déborda un peu.

– Ça va être laid ce soir si le champagne cheap coûte juste 20 dollars!
– Mets-en, ça fait deux qu’on vide et il n’est que… 22h34!, dis-je en regardant mon iPhone.

En versant des coupes de champagne – ok, je vais arrêter de vous mentir, c’était du mousseux bas de gamme – j’ai aperçu au loin un visage familier qui visiblement s’approchait vers moi.

– Salut!, me dit Julie!

Les paris sont ouverts

D. je veux savoir de quoi. Je revois ce soir un ancien kick du Cégep. Dois-je m’attendre à quelque chose?

J’ai reçu ce courriel dans ma boite de réception au travail de la part de J. Certaines privilégiées (elle ne sont pas plus que 150) ont mon adresse e-mail professionnelle. J’ai répondu avec mon tact habituel quelque chose comme ça.

Chère J,

rase ton chaton car ce soir tu vas t’envoyer en l’air ou bien tu te retrouvera à genou avec quelque chose dans la bouche.

D.

S’en suit une série de courriels et de textos où elle me garanti que les intentions du jeune homme sont pures et dénudés de pulsions sexuelle rudes. Elle justifie ses propos complètement loufoques avec des arguments tels que:

1) Il veut simplement me faire visiter son nouvel appart.
2) Je ne suis pas son genre de fille, voyons!
3) S’il avait voulu de moi il se serait déjà manifesté avant.
4) Ça fait trois ans qu’on s’est vu!

Ses arguments tiennent autant la route qu’un vélo sur une patinoire fraichement zambonisée.

- Tu ne trouves pas ça étrange qu’un gars effectue un come-back pour te faire visiter son nouvel appartement au même moment où toi, t’es nouvellement célibataire et que tu prends possession de ton nouveau condo, qui plus est, est situé près de chez lui.
- Tu veux parier?
- Je ne refuse jamais un pari.
- Si tu gagnes tu auras la récompense de ton choix. Mais comme je gagnerai, j’aurai droit à quoi?
- À rien.
- Pourquoi?
- Parce que c’est sur que ce mec va vouloir voir tes gros seins en béton et que tu vas perdre ma grande!
- On verra bien.
- Haha
, en pensant à son joli visage recouvert de… m’enfin, vous comprenez.

J’attends le verdict… Et vous? Vous croyez qu’un mec peut faire un come-back auprès d’une jolie fille sans arrières pensées?

(Au risque de copier La Clique du Plateau) Commentaire inutile à m’envoyer: Tu dois être jaloux pour écrire ce texte-là, hein?

D.

24 heures chrono: Pentagone amoureux

Parce que moi les triangles… je n’aime pas ça!

Vendredi soir

17h00: Tergiversations avec Sand à propos de la soirée qu’on devait passer. Quand c’est simple on (j’) aime ça faire ça compliqué. Je suis déjà supposé être parti depuis belle lurette.

17h30: J me propose de terminer la soirée avec elle. Comme je ne pense pas dormir chez Sand compte tenu de son UFC qui me fait peur, j’accepte.

17h45: Après quinze minutes de discussions avec J, le plan est finalement refusé. Selon moi.

17h46: Je propose à N. (dossier réouvert en passant) de terminer la soirée avec elle.

17h47: Acceptation de sa part.

18h00: Départ vers Montréal pour les Francos. Je ne veux pas rater Pépé goes français.

19h00: Arrivée chez Sand. Elle sent très bonne. Je respire un bon coup, reprends mes esprits et mets le véhicule en marche.

20h00: Je trouve enfin un stationnement. Coin Amherst et René-Levesque. Les Francos débutent près du Complexe Desjardins. Trente minutes nous séparent de la scène. C’était le plus proche.

20h30: Je peux enfin boire une bière. Pépé est bon. « Ne la laisse pas tomber… elle est si fragile. Être une femme libéré tu sais c’est pas si facile! »

20h35: Je reçois un SMS de mon Ex: Es-tu aux Francos? Je répond par l’affirmative… pas de réponse.

20h45: Je m’assois par terre pour écouter la fin du spectacle mais l’endroit ne me plais pas vraiment et je suis caché par deux personnes debout. Je me relève immédiatement. Quelqu’un me frappe dans le dos. C’est mon Ex. J’étais assis juste à coté d’elle. Allo-ça-va-oui-toi. Je suis avec une fille et elle est avec son chum. On fait la conversation très courte mais mon rythme cardiaque a tout de même monté d’un cran. Elle s’en est surement rendue compte. Je suis gêné.

21h30: On décide d’aller boire dans un petit bar.

22h00: En retournant vers le véhicule, on aperçoit une pauvre petite fille malade et infirme chanter avec une voix d’or. Je m’apprête à lui lancer un 2 dollars mais, voyant ses parents non loin d’elle, je remets mon 2 piasses dans mes poches. Je n’encourage pas l’exploitation d’enfants.

22h30: Réception d’un SMS de J: J’imagine qu’on laisse tombé? Pensant que c’était déjà officiel et que j’étais en voiture, je ne réponds pas.

23h00: Direction Miss Villeray pour une brosse torride avec Sand. C’est la première qu’on y va. J’adore.

Minuit: Réception d’un texto de N. Les nombreuse téquila que je me suis engloutis m’avais fait oublié mon rendez-vous nocturne avec elle. Elle est très fâchée. Mais je négocie son amitié par un dîner le lendemain. Elle accepte à contrecœur.

00h30: Réception d’un SMS de mon Ex. Elle était contente de m’avoir vu et elle aimerait qu’on se revoit sous peu. Comme je la marierais sur-le-champs j’accepte sans hésiter.

2h30: Je suis complètement démoli. Je rentre chez Sand dormir. J’ai envie de lui faire l’amour mais ma tête veut exploser et il fait chaud. J’opte pour l’option de m’enfoncer dans son gros oreiller mou.

8h30: Ma tête menace vraiment d’exploser. À chaque battement de cœur, un énorme coup se fait sentir à l’intérieur de celle-ci.

10h00: Je quitte Sand. pour voir N. Le dîner se passe au Boston Pizza. La serveuse est complètement sexy et le sourire me revient.

21h50: J. lis le blogue de N. Elle est en beau ta*****k. Je suis un trou du cul.

21h55: Je finis par l’assumer.

D.

Le Dateur se drogue

S’il y avait un come-back des plus improbables, c’était bien celui de Sand. Après toutes les histoires qu’on avait vécues qui dépassaient largement l’imagination et le fait qu’il était évident qu’un gentil garçon comme moi n’était pas son genre et qu’une vilaine fille comme elle n’était pas le mien, tout être normal aurait décliné une reprise de contact.

Suis-je normal? Bonne réponse!

C’était donc vendredi il y a deux semaines.

- Qu’est-ce qu’on fait pour notre come-back Sand?
- On pourrait prendre du kratom!
- Du kra-quoi?

S’en suit une explication qui ressemble à ceci.

- C’est légal? (Car moi je suis la loi au point-virgule près, voyons!)
- Très légal, on achète ça dans un magasin de hippie-raver.
- C’est quoi le buzz?
- Tu mélange ça dans de l’eau et du jus et tu te sens comme si tu étais saoul mais lucide et sans les effets du lendemain de veille.

Le meilleur des deux mondes quoi! Alors je suis allé la chercher et nous nous sommes rendus dans la petite boutique perdue, coin Prince-Arthur et De Bullion. Un commis avec une barbe des séries – en fait il se la fait pousser depuis 1993 je crois – est derrière son comptoir. Son magasin est rempli de t-shirts multicolores et placardé d’invitations pour des soirées rave ou de spectacles de musique spirituelle et relaxante. Allez-donc savoir!

Nous avons pris 20 grammes. Le kratom ressemble à de la farine mais de couleur vert-brun. Enfin rien d’appétissant sachant que je devrai le boire plus tard. Rendus à la maison, elle a fait bouillir de l’eau pour faire infuser la fameuse substance. L’eau est devenu couleur Fleuve St-Laurent. Même avec le jus d’orange, la couleur n’en était pas plus attrayante. En plus, les petits grains ne se diluent pas complètement dans l’eau.

L’odeur? Celle du thé. Le goût? Complètement dégueulasse. Après avoir pris une bonne gorgée, on se sent comme si ont avait avalé une poignée de sable. En voulez-vous?

J’ai réussi tout de même de peine et de misère a boire mon grand verre de plastique. Mais l’effet recherché ne s’est pas fait sentir.

- Tu ne sens rien?
- Vraiment rien? C’est normal?
- Ouais peut-être, je vais t’en faire un peu plus.
- Euhm… ok!

Après mon deuxième verre, toujours rien. J’ai même plutôt faim. On part donc s’acheter une poutine sur le plateau Mont-Royal. Soudainement j’ai senti une petite chaleur m’envahir. Et puis rapidement l’impression d’être dans un four crématoire. Je suis devenu étourdi et la sueur perlait sur mon front. Ma respiration s’est accélérée grandement. J’ai garé ma voiture sur le coté croyant que j’allais vomir. Les symptômes se sont estompés en quelques minutes pour revenir un peu plus tard.

J’avais si chaud que je marchais en t-shirt sous la pluie battante et le tonnerre qui grondait sans en tenir rigueur. Je n’avais qu’une envie: m’étendre et dormir. Je me suis couché rendu chez elle, avec l’impression de rentrer dans le matelas tellement j’étais mort de fatigue.

Même effets que l’alcool sans les mauvais cotés et la lucidité? Mon œil Sand! J’aime mieux oublier des soirées avec la boisson que de me rappeler de celle-là!

D.

La patience est une vertu

Gloung! « Je suis en bas, Hyundai noire, je t’attend, c’est long! » que le message texte disait.

Je venais tout juste de sortir de la douche. Mes cheveux dégoûtent encore et ça coule le long de mon dos. Je suis définitivement en retard et je fais attendre J qui s’est déplacée pour son 14732ème come-back. J’enfile les premiers morceaux qui me tombent sous la main… très loin du kit first date où l’ont veut bien paraître. Tant mieux ça fit. De toute manière, quoi que je porte, J me trouve toujours très attirant. Quoi! C’est vrai je vous jure! Demandez-lui!

Une Hyundai Noire, il y en a comme huit dans la rue… Bon, la voilà. Un gros salut souriant. Un câlin s’impose. Elle m’a serré si fort que je semblait être un soldat qui revient de guerre et qui revoit sa douce.

Sur la route menant à la terrasse où on allait manger, j’ai croisé La Rousse, la Copine (nouvelle amie qui est en fait la blonde de Morsure) et une collègue. Moi qui aime tant dater dans la discrétion, on repassera pour cette fois.

Le souper s’est bien déroulé, la chimie ne s’étant jamais estompée même après ces nombreuses ruptures en fracas qui, chaque fois, aurait pu être la dernière fois que l’ont se parle. Et pourtant… elle revenait toujours. Toujours elle car moi, j’ai bien trop d’orgueil. Du moins, assez pour ne pas refaire les premiers pas mais, pas assez pour ne pas lui donner une autre chance.

Je l’ai emmenée au quai. Oui, ce quai-là. Je les emmène toutes là, ça marche à tout coup. En plus, il n’y a jamais personne à part quelques poteux qui n’en tiennent pas rigueur. Assise sur un cube de ciment près de l’eau – on fait ce qu’on peut avec le romantisme… je vous aurais bien dit un trône en velours – je me suis approché d’elle, entre ses jambes. Mes mains sur le bloc de béton de chaque coté d’elle. Et je me suis approché doucement pour l’embrasser. Ça faisait 3 ans depuis le dernier baiser donc, j’ai attendu à quelques millimètres de ses lèvres. Pas longtemps mais, juste assez pour profiter du moment qui était plus qu’imminent. Imaginez une personne que vous désirez ardemment depuis 3 ans et que je vous l’embrassez à nouveau. Vous voyez? Ben c’était ce feeling-là.

On s’est dirigez ensuite vers chez moi. Dans ma chambre. Dans mon lit. Sous les draps.

Depuis le temps que ça devait se faire tout ça!…

D.