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Flash-Back: J’ai fourré devant le bébé (2003)

FourreDevantLeBebe

Septembre 2003

Merde, un gars que je connais entre dans l’autobus se dirigeant vers Montréal. Endroit où je me rends pour une date nocturne. Je déteste que les gens que je connais sachent mes allées et venues en ce qui attrait aux rencontres. Surtout celles faites tard.

La phrase « Je vais voir une amie » dite à treize heures est plus crédible que celle dite à 23 h 30. Mais n’allez pas non plus dire, « Je vais voir du monde, là ». Vous risquerez de devoir vous justifier sur leur identité. Donc je lui ai dit la vérité,

Flash-back: Ma pire date ever – Part II (2005)

grelotter

Pour ne pas que certaines lectrices me texte le soir en exigeant violemment la suite… voici la partie finale de ma pire date.

*****

La vapeur humide que le spa créait dans l’abri contrastait fortement avec le froid strident ressenti lors de ma course épique. La neige dans mes cheveux et sous mes pieds n’a pas mis de temps à fondre. Je suis rentré dans l’eau en retirant mon maillot. Mes idées perverses étant plus forte que le gel à l’extérieur, je n’avais rien perdu de mon flegme et j’ai pu mettre le condom aisément.

Ma première expérience dans l’eau fût plutôt ordinaire. Ma partenaire n’était pas très participante et la sensation dans l’eau… relativement faible. Nous sommes rentrés à l’intérieur pour un film.

Toc toc. Ça cogne à la porte. J’aperçois la silhouette d’un garçon costaud à l’air badboy derrière les rideaux. Celui-ci et ma conquête semblaient bien se connaître. C’est avec lui qu’elle parlait au téléphone une heure plus tôt, en cachette, à l’abri des oreilles sournoises. Il est invité pour le film et je me retrouve seul sur mon sofa.

Contrarié de la situation et tout de même fatigué après cette rude journée de route et cette épreuve aquatique, je suis allé me coucher dans sa chambre en laissant les deux amis dans le salon.

Je me suis réveillé au milieu de la nuit. Seul dans son grand lit. Dans la maison le silence total. Je suis descendu au rez-de-chaussée. Personne. Tout comme dans la cave. M’a-t-elle laissé seul dans sa grande maison pour sortir? Je suis remonté à l’étage où se trouve les chambres à coucher. J’ai ouvert une autre porte. Le noir total.

- Allô? T’es là?
- Oui…
- T’es toute seule?
- Oui oui…
- Tu aurais pu venir me rejoindre tu sais, c’est ton lit après tout.
- Elle n’est pas toute seule,
répondit le gars.
- Oups désolé.

Je ne me suis jamais senti autant niaisé de toute ma vie. J’étais définitivement de trop dans cette maison. Dans cette ville. Il fallait que je parte au plus vite d’ici. Je m’imaginais les pires scénarios hollywoodiens. Ce gars va me tuer au cours de la nuit et je dois m’enfuir. Pas question de se faire un petit déjeuner à trois.

Je suis retourné dans sa chambre pour consulter l’horaire des autobus. J’ai réglé mon alarme à 5h15 pour le premier départ de la journée qui était à 6 heures. En sortant de chez elle, le système d’alarme de sa maison a retentit. J’ai couru le plus vite pendant que j’ai pu, sous la neige abondante et le froid nordique. Un peu plus loin, j’ai téléphoné à un taxi en mentionnant les deux noms de rues situées au-dessus du panneau STOP. Je n’avais aucune idée où j’étais et encore moins où le terminus se trouvait.

À mon retour, 9 heures plus tard, j’avais un message d’elle sur mon MSN.

- Pas mal cave d’être partit sans dire bye. Je ne veux plus jamais te reparler!

Moi non plus, ça tombe bien!

D.

Flash-back: Ma pire date ever – Part I (2005)

grelotter

Je fais un petit saut dans le temps pour participer aussi à ma façon au concours que j’ai lancé et qui se termine lundi prochain. La course est extrêmement serrée, les participants ont besoin de vos votes! Les textes sont disponibles ici.

Alors voici ma pire date à vie. Pas facile de choisir dans l’océan de dates ratées que j’ai eu, mais j’ai choisi celle-ci. Tout ça se passe en 2005. Un 19 février pour être plus précis. M’enfin, si je me fis à La liste. Ça va comme suit. Aweille mon Réj, part moi une toune triste! Ouais celle-là, c’est bon!

*****

Mon cellulaire sonne à 7h15. Je reprends le peu d’esprits qu’il me reste après cette nuit alcoolisée. Pourquoi sonne-t-il un samedi matin? Les idées se replacent peu à peu dans ma tête comme un casse-tête. Un téléphone nocturne, une fille du Saguenay sur qui je suis virtuellement amoureux, un rancart planifié avec elle, des parents absents pour le weekend, un trajet de 9 heures en bus, un départ dans 45 minutes. Bon sang, qu’est-ce que j’ai bu hier?

Je prépare mes choses à la hâte et je m’en vais au terminus d’autobus qui me mènera à Montréal, ensuite à Québec et finalement Jonquière. Dans quoi je viens de m’embarquer!

- Bonjour, aller-retour pour Jonquière, svp.
- 120 dollars.
- Quoi? Tabarnak!!!,
fulminais-je dans ma tête en lui tendant ma carte de crédit.
- Je vous ai entendu, soyez poli.
- Vous êtes télépathe? Comme Sookie Stackhouse?
- Non ça parait simplement dans ta face,
dit-elle en me remettant le papier à signer.

Le trajet se passa correctement mais longuement. Sans Ipod, sans livre. Je ne savais même pas ce qu’était un SMS à l’époque. De la route, des arbres. Beaucoup d’arbres. Et que des kilomètres de bitume enneigé à contempler. J’essaye de dormir un peu. Sur le dos ou sur le côté avec un coton ouaté en guise d’oreiller de fortune. Pas moyen de fermer l’œil. Je plonge dans mes pensées et je m’invente des jeux dans ma tête. Pendant neuf heures. J’ai dû refaire le monde des dizaines de fois.

JONQUIÈRE, sur une petite pancarte verte. Enfin.

Elle m’attendait à la sortie de l’autobus. Elle se ressemblait mais, en mieux. Nous avons marché jusqu’à chez elle. Après les présentations et les discussions d’usages, nous nous sommes embrassés. Son portable a sonné. Elle s’est excusé et elle est allée parler dans la pièce d’à côté, la porte verrouillée, comme si elle voulait cacher quelque chose. Pendant trente longue minutes. Précisons longues car l’attente est toujours insupportable lorsque nous sommes bandés.

Elle est finalement sortie et nous sommes allés dans le spa pour poursuivre ce que nous avions débuté auparavant.

- Tu as des condoms?, qu’elle me dit pendant que je détachais le haut de son bikini.
- Oui mais merde, ils sont dans mon sac à l’intérieur.

Je suis sortie de l’eau les épaules près des oreilles tellement il faisait froid. Le vent pinçait sur mon corps encore mouillé. Mon maillot collé sur ma peau laissait voir une érection fort convaincue.

Près de la porte patio avec mon préservatif en main, je regardais l’abri Tempo qui résistait de peine et de misère aux bourrasques glaciales.

- Elle est mieux de valoir la peine, celle-là! Un, deux, trois, go!

J’ai pris une bonne respiration et j’ai couru, les pieds dans la neige, vers le spa.

La suite mercredi… Ça vous laisse le temps d’imaginer le pire!

D.

La patience est une vertu

Gloung! « Je suis en bas, Hyundai noire, je t’attend, c’est long! » que le message texte disait.

Je venais tout juste de sortir de la douche. Mes cheveux dégoûtent encore et ça coule le long de mon dos. Je suis définitivement en retard et je fais attendre J qui s’est déplacée pour son 14732ème come-back. J’enfile les premiers morceaux qui me tombent sous la main… très loin du kit first date où l’ont veut bien paraître. Tant mieux ça fit. De toute manière, quoi que je porte, J me trouve toujours très attirant. Quoi! C’est vrai je vous jure! Demandez-lui!

Une Hyundai Noire, il y en a comme huit dans la rue… Bon, la voilà. Un gros salut souriant. Un câlin s’impose. Elle m’a serré si fort que je semblait être un soldat qui revient de guerre et qui revoit sa douce.

Sur la route menant à la terrasse où on allait manger, j’ai croisé La Rousse, la Copine (nouvelle amie qui est en fait la blonde de Morsure) et une collègue. Moi qui aime tant dater dans la discrétion, on repassera pour cette fois.

Le souper s’est bien déroulé, la chimie ne s’étant jamais estompée même après ces nombreuses ruptures en fracas qui, chaque fois, aurait pu être la dernière fois que l’ont se parle. Et pourtant… elle revenait toujours. Toujours elle car moi, j’ai bien trop d’orgueil. Du moins, assez pour ne pas refaire les premiers pas mais, pas assez pour ne pas lui donner une autre chance.

Je l’ai emmenée au quai. Oui, ce quai-là. Je les emmène toutes là, ça marche à tout coup. En plus, il n’y a jamais personne à part quelques poteux qui n’en tiennent pas rigueur. Assise sur un cube de ciment près de l’eau – on fait ce qu’on peut avec le romantisme… je vous aurais bien dit un trône en velours – je me suis approché d’elle, entre ses jambes. Mes mains sur le bloc de béton de chaque coté d’elle. Et je me suis approché doucement pour l’embrasser. Ça faisait 3 ans depuis le dernier baiser donc, j’ai attendu à quelques millimètres de ses lèvres. Pas longtemps mais, juste assez pour profiter du moment qui était plus qu’imminent. Imaginez une personne que vous désirez ardemment depuis 3 ans et que je vous l’embrassez à nouveau. Vous voyez? Ben c’était ce feeling-là.

On s’est dirigez ensuite vers chez moi. Dans ma chambre. Dans mon lit. Sous les draps.

Depuis le temps que ça devait se faire tout ça!…

D.