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Y avez-vous déjà pensé?

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Je discutais ce soir avec une demoiselle rencontrée sur un site de rencontre. Est-ce vraiment nouveau de toute façon? On parlait surtout de tout et rien jusqu’au moment où l’expérience – si elle en est une – des rencontres est venue sur le sujet. S’en est suivi d’une situation un peu cocasse…

*****

- T’as eu pas mal de rencontres dans le passé, qu’elle me demande.
- Avant oui, je me suis calmé quand même ces dernier temps. J’optais même pour la quantité avant, ajoutais-je à cheval sur la vérité et l’humour.

Vous comprendrez que je n’ai pas parlé de N. Je fais simplement discuter après tout!

- C’est une façon comme une autre de trouver la bonne personne!
- Si on veut mais parfois je rencontrais même après une heure de chat, tu sais?
- Un vrai « Dateur en série » quoi!

L’asie, ce n’est pas si beau que ça!

*** En référence à un autre texte sur une autre asiatique! ***

- Salut je voulais juste savoir si t’étais libre vendredi, on serait dû, enfin je pense, avant d’appuyer sur la touche envoyer de mon cellulaire Samsung complètement merdique.
-Écoute, j’ai ben aimé ça avec toi, mais ça peut prendre un bout avant que ça se refasse.
- Ah bon? Et pourquoi?
- Bah, pour que l’envie revienne tsé. Écoute si tu n’es pas content, il y a peut-être plein d’autres petites connes sur Monclasseur qui vont vouloir coucher avec toi. Ahah
(prenez un ton d’attitude ici)
- Hey ben… si l’envie te reprend récris moi pis on verra à ce moment-là si j’ai envie bye bye.

Cependant, à ce moment précis je savais que je n’en aurait plus jamais envie. Et pourtant ça avait été si… chaud?

*****

Une date d’après-midi. Je n’en fais que très rarement. De mémoire de dateur en tout cas. Un vrai plan cul. Rien d’autre était prévue au programme. Que du sexe et j’en avais besoin. J’ai dû mettre une bonne demie heure à chercher sa maison parmi les rénovations crasseuses de son secteur. Un demi sous-sol dont l’adresse est dissimulée derrière un arbuste, pas évident à trouver. Surtout quand on ne pense qu’à ce qui nous attend.

Et ce qui m’attendait comblait mes attentes. Une magnifique asiatique, toute petites. Un sourire éclatant. Elle sentait bonne. Mais par-dessus tout, c’était une asiatique et je devais rayer ça de ma to-do-list au plus vite.

Je me suis assis sur son sofa. Sans attendre, elle a chevauché ma cuisse droite et je me suis approché un peu d’elle, sa petite poitrine dans son chandail moulant blanc tout près de mon visage. Vous voyez le topo? Mes mains ont glissé le long de ses jambes et un peu sous son chandail. Elle a pris mon visage dans ses mains pour m’embrasser.

La grosse affaire, écoute j’aurais cru a un film! Bref!

On s’est dirigé dans chambre où je l’ai plaqué contre un mur tout en lui retirant ses vêtements. C’est vraiment une copieuse car elle a fait la même chose après!

Donc, comme je sens que vous êtes mouillée et/ou bandé (ce qui serait douteux), je vais appuyer sur Forward. Bon il est où là ce piton là… ah le voilà! Bading-badang, liche-liche, miam-miam, sperme-dans-la-face, ahhh, soulagement, parle, rigole, frenche on se rhabille. STOP.

- Tu sais, je ne veux pas nécessairement être en amour pour le moment mais je veux pas que ce soit juste un one night là, que je lui dis, juste pour rappeler.
-Ben non, je veux là même chose que toi, crois moi!, me dit-elle en me souriant.

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Ben ouin, c’est ça!

D.

Comment PY Lord m’a sauvé la vie

Elle est assise dans ses marches et moi je suis devant elle, debout. J’ai la main dans la poche et je joue avec mes clés. Je me tiens à une bonne distance d’elle. Je ne suis pas dans sa bulle et ni elle dans la mienne. C’est froid.

Mais pourtant, elle parle. Je veux partir. Je sens aussi qu’elle s’ennuie avec moi donc je ne devrais pas m’en faire de lui dire que je ne rentrerai pas chez elle. Mais au cas où elle aurait aimé ça, je ne veux pas lui faire de peine. Alors, j’attends le bon moment pour m’en aller. J’ai pensé lui faire conter jusqu’à dix les yeux fermés mais, non. Ce n’est pas fin.

Au départ, nous étions supposés aller prendre un verre au Miss Villeray et se faire ensuite une raclette et boire du vin rouge. Le plan tout indiqué pour les rapprochements. Ça devait cliquer ça ne pouvait en être autrement. Ça allait bien pourtant sur Monclasseur. Et on rigolait bien dans nos textos.

Nous avons marché jusqu’au cabaret à quelques minutes de marche. J’étais déjà tanné. Je parlais, je posais des questions mais, je ne recevais que des réponses fermées auxquelles il est impossible de relancer. C’est aussi pire que quelqu’un qui ne répond qu’avec un LOL sur MSN. On ne peut rien faire contre ça. Sinon poser une autre question. Après cinq on s’écoeure.

Nous n’avons pris qu’une bière chacune. J’aurais pris une pinte mais, comme elle a choisi un verre il était évident qu’elle avait déjà hâte de partir. Un maigre vingt minutes. J’ai même payé pour elle. Quel idiot.

- J’ai pas très faim, on fait le tour du parc?
- Ok…

Après cette marche, nous sommes repassés devant chez elle. Elle s’est assise, je suis resté debout. Pendant un bon quinze minutes.

- Bon on fait qu’on fait, que je lui ai dit en souhaitant un refus. On ne jasera pas sur le portique toute la soirée.
- Tu peux venir, mais j’écoute Occupation double à 8h30.
- Ah ben tu sais… je n’aime pas vraiment ça moi, OD, je vais rentrer chez moi.
- Ok.

Pas de déception. Rien. On aurait même dit du soulagement. On ne s’est jamais redonné de nouvelles par la suite.

Et c’est comme ça que cette émission insipide m’a sorti d’embarras!

D.

Moi pis les artistes

Je suis abonné aux rencontres-éclair. Ces rencontres qui durent moins de 30 minutes et où l’ennui est palpable. On se parlait via un site depuis à peine une heure. Je ne perds pas de temps, vous le savez.

- Je serai à Montréal ce soir, je peux faire un tour te voir et si ça clique, te baiser comme tu ne l’as jamais été… je suis sur que ça te tente.
- Appelle-moi ce soir et on verra.

Bon ça ressemblait à peu prêt à ça à plus ou moins une vingtaine de mots. Vers 23 h 30 à la fin de ma soirée, elle accepta ma proposition. Veuillez noter l’utilisation parfaite du passé simple, ce temps de verbe mal aimé.

Je roulais sur Ontario à sa rencontre. Le coin je ne sais plus lequel ça n’a pas d’importance. D’ailleurs, je l’ai manqué car, j’étais trop concentré à regarder autour de moi et me rappeler les paroles de la chanson « La rue Ontario » de Bernard Adamus. Juste pour mettre un visuel sur les endroits dont il parle dans sa chanson. Mais quand je me suis rendu au bout, dans une espèce de rond-point, j’ai vite constaté que j’avais dépassé largement le lieu de rencontre.

À mon retour, elle était bien là. Assise sur un banc proche du coin de la rue.

- C’est toi sur le coin de la rue?
- J’imagine… tu es où?
- Tourne ta tête un peu à droite… oui voilà!

Nous nous sommes stationnés un peu plus loin et on a marché. En fait, je ne vous écrirai pas de flafla, on n’a fait que ça, marcher. Pas juste un tour de bloc, mais pas loin. Une rue au sud d’Ontario et une au nord. Pas plus que trois rues de large. Le temps d’une demi-heure. Le temps de savoir que ça ne cliquerait jamais.

Je n’ai pas la cote avec les artistes. J’ai l’impression qu’ils me regardent de haut à cause je ne connais pas les auteurs undergrounds. De son côté, elle fait partie d’une troupe de théâtre où seuls ses amis et peut-être les leurs connaissent l’existence.

- Mais je connais Michel Tremblay, je l’ai lu au Cegep! C’est bon j’ai trouvé.
- C’est plate raide, on ne donne pas du tout là-dedans.
- Et le théâtre d’été? Moi ça me fait rire tu sais!
- …

J’ai essayé. J’aurais dû me la fermer. Dire qu’on aime le théâtre d’été à une artiste, c’est comme avouer qu’on aime Lady Gaga à Edgard Fruitier.

Pourquoi lorsqu’il est question d’art, j’ai l’impression que seulement ce qui est connu d’un cercle ultra restreint est bon? Et que le populaire ne l’est pas de façon systématique?

On est passé devant sa porte sans s’y arrêter. Elle m’a reconduit à ma voiture quelques mètres plus loin, par politesse sans aucun doute. Pas de bec, pas d’au revoir. De part et d’autre, le feu n’a vraiment pas pris.

C’était l’évidence même, pas besoin de jouer la comédie cette fois.

D.