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Moi pis les artistes

Je suis abonné aux rencontres-éclair. Ces rencontres qui durent moins de 30 minutes et où l’ennui est palpable. On se parlait via un site depuis à peine une heure. Je ne perds pas de temps, vous le savez.

- Je serai à Montréal ce soir, je peux faire un tour te voir et si ça clique, te baiser comme tu ne l’as jamais été… je suis sur que ça te tente.
- Appelle-moi ce soir et on verra.

Bon ça ressemblait à peu prêt à ça à plus ou moins une vingtaine de mots. Vers 23 h 30 à la fin de ma soirée, elle accepta ma proposition. Veuillez noter l’utilisation parfaite du passé simple, ce temps de verbe mal aimé.

Je roulais sur Ontario à sa rencontre. Le coin je ne sais plus lequel ça n’a pas d’importance. D’ailleurs, je l’ai manqué car, j’étais trop concentré à regarder autour de moi et me rappeler les paroles de la chanson « La rue Ontario » de Bernard Adamus. Juste pour mettre un visuel sur les endroits dont il parle dans sa chanson. Mais quand je me suis rendu au bout, dans une espèce de rond-point, j’ai vite constaté que j’avais dépassé largement le lieu de rencontre.

À mon retour, elle était bien là. Assise sur un banc proche du coin de la rue.

- C’est toi sur le coin de la rue?
- J’imagine… tu es où?
- Tourne ta tête un peu à droite… oui voilà!

Nous nous sommes stationnés un peu plus loin et on a marché. En fait, je ne vous écrirai pas de flafla, on n’a fait que ça, marcher. Pas juste un tour de bloc, mais pas loin. Une rue au sud d’Ontario et une au nord. Pas plus que trois rues de large. Le temps d’une demi-heure. Le temps de savoir que ça ne cliquerait jamais.

Je n’ai pas la cote avec les artistes. J’ai l’impression qu’ils me regardent de haut à cause je ne connais pas les auteurs undergrounds. De son côté, elle fait partie d’une troupe de théâtre où seuls ses amis et peut-être les leurs connaissent l’existence.

- Mais je connais Michel Tremblay, je l’ai lu au Cegep! C’est bon j’ai trouvé.
- C’est plate raide, on ne donne pas du tout là-dedans.
- Et le théâtre d’été? Moi ça me fait rire tu sais!
- …

J’ai essayé. J’aurais dû me la fermer. Dire qu’on aime le théâtre d’été à une artiste, c’est comme avouer qu’on aime Lady Gaga à Edgard Fruitier.

Pourquoi lorsqu’il est question d’art, j’ai l’impression que seulement ce qui est connu d’un cercle ultra restreint est bon? Et que le populaire ne l’est pas de façon systématique?

On est passé devant sa porte sans s’y arrêter. Elle m’a reconduit à ma voiture quelques mètres plus loin, par politesse sans aucun doute. Pas de bec, pas d’au revoir. De part et d’autre, le feu n’a vraiment pas pris.

C’était l’évidence même, pas besoin de jouer la comédie cette fois.

D.

Je pète un plomb

Aujourd’hui, je suis en maudit. Ah non, pas en maudit. C’est beaucoup trop faible comme mot. Je suis en criss. En beau criss. Le plus beau criss que vous n’ayez jamais vu, imaginé ou entendu parler. Alors, je vais me vider le cœur. De façon claire, un peu comme si on se parlait tous ensemble devant une bière. Et oublié tout de suite la belle prose chic et la belle écriture que vous aimez tant. Ça va comme suit.

Exception faite des gens qui me connaissent et qui m’ont rencontré, comment faites vous pour savoir qui je suis? Est-ce qu’il y a des chasses aux trésors organisée à mon insu pour me trouver? Et vous gagnez quoi quand vous trouvez que c’est moi?

Pourquoi n’avez-vous rien d’autre à faire de votre vie que de vous plaindre aux responsables des sites de rencontre? D’aller leur dire que ma présence sur ces sites vous dérange? Qu’un climat de terreur règne dans vos vies car, vous risqueriez à tout moment de tomber sur la fiche du Dateur en Série. Et d’être dépeinte en vilaine cochonne dans un billet, ça vous fait peur, hein?

Êtes-vous capable de trouver un texte où j’ai manqué gratuitement de respect à quelqu’un dans le but de vous faire rire?

Chose-là et toute ta clique qui viennent voter pour les cinq derniers textes avec la note de « texte nul », je le vois que vos votes ont tous été donnés dans la même minute. À moins que vous lisiez vraiment vite, vous êtes juste une belle gang de sans dessein. Regardez-vous dans le miroir deux secondes et demandez-vous à quoi rime votre vie? Profitez-donc de cette belle minute que vous gaspillez à ruiner mon existence virtuelle pour dire à quelques personnes dans votre entourage que vous les aimez.

Ah non, c’est vrai. Vous êtes seuls dans le monde! Si le jour de la fin de ce blogue est si proche, c’est en majeure partie grâce à vous!

Je vous déteste. Faites que votre vie soit aussi vide jusqu’à ce que vous poussiez votre dernier souffle.

La fin approche de plus en plus.

D.

Les rondeurs de mesdames

Ça brasse sur la page de fans de Dateur en série. J’ai ouvert une boîte de Pandore cette nuit en parlant des filles avec des rondeurs. Avec un gros R. Ben un R majuscule car le mot gros peut être offensant. Alors que je naviguais sur un site de rencontre, je suis tombé sur une fiche d’une fille qui s’affirme ouvertement ronde.  Ronde comme on en voit ici et là. Rien pour alarmer tout le quartier.

Par contre, dans son album photos, on pouvait la voir dans une robe serrée à motif léopard ou bien encore contre une clôture, bien cambrée pour dévoiler son postérieur à qui je n’ose donner de qualificatifs superlatifs de peur de me faire lancer des tomates. Des grosses tomates. Ben, des tomates mures là. Je m’excuse, je ne voulais pas dire ça.

On entend souvent les personnes de tailles fortes s’affirmer en tant que féminine et être à l’aise avec leur rondeur. Avant même qu’on en parle, elle mentionnent dans leur profil que « Si tu n’aimes pas les rondeurs, d’aller sur une autre fiche, mais j’aime mon corps et je me trouve belle ».

Alors, tout ça m’amène à vouloir lancer un petit débat. Ça vous tente?

Qu’est-ce que la féminité? Est-ce de prendre des photos sexy et aguichantes?
Y’a-t-il une limite de poids pour ne plus porter des vêtements moulants?
Pourquoi les gars qui aiment les filles minces sont considérées comme étant superficiels et que ceux qui aiment les filles ronde sont corrects?

Pour ma part, je trouve que peut importe le poids, ce type de photo n’ont pas leur place sur des sites de rencontre. Sur des photos, il est important de montrer ce qu’on souhaite attirer. Donc il va de soit que de se pencher, les fesses faces à l’objectif ce n’est pas winner si on affirme vouloir une relation sérieuse.

Mais on dirait que lorsqu’on dénonce une personne avec de fortes rondeurs, peut importe ce qu’elle fait, on se fait taper dessus. Si j’avais critiqué une fille mince pour son habillement serré ou sa pose subjective, qui serait allé la défendre?

Mais une personne grosse (ah pis là, je le dis!), c’est délicat. Faut pas trop en parler, hein? Et pourquoi?

Allez j’attends vos commentaires méchants! J’espère que les gens d’accord avec moi se manifesterons pour une fois!

J’en ai marre d’aller au bat tout seul!

L’auteur du texte a lui-même une petite bedaine de bière et ne porte pas de camisole serrée ou de v-neck moulant.

D.

Flash-back: Ma pire date ever – Part II (2005)

grelotter

Pour ne pas que certaines lectrices me texte le soir en exigeant violemment la suite… voici la partie finale de ma pire date.

*****

La vapeur humide que le spa créait dans l’abri contrastait fortement avec le froid strident ressenti lors de ma course épique. La neige dans mes cheveux et sous mes pieds n’a pas mis de temps à fondre. Je suis rentré dans l’eau en retirant mon maillot. Mes idées perverses étant plus forte que le gel à l’extérieur, je n’avais rien perdu de mon flegme et j’ai pu mettre le condom aisément.

Ma première expérience dans l’eau fût plutôt ordinaire. Ma partenaire n’était pas très participante et la sensation dans l’eau… relativement faible. Nous sommes rentrés à l’intérieur pour un film.

Toc toc. Ça cogne à la porte. J’aperçois la silhouette d’un garçon costaud à l’air badboy derrière les rideaux. Celui-ci et ma conquête semblaient bien se connaître. C’est avec lui qu’elle parlait au téléphone une heure plus tôt, en cachette, à l’abri des oreilles sournoises. Il est invité pour le film et je me retrouve seul sur mon sofa.

Contrarié de la situation et tout de même fatigué après cette rude journée de route et cette épreuve aquatique, je suis allé me coucher dans sa chambre en laissant les deux amis dans le salon.

Je me suis réveillé au milieu de la nuit. Seul dans son grand lit. Dans la maison le silence total. Je suis descendu au rez-de-chaussée. Personne. Tout comme dans la cave. M’a-t-elle laissé seul dans sa grande maison pour sortir? Je suis remonté à l’étage où se trouve les chambres à coucher. J’ai ouvert une autre porte. Le noir total.

- Allô? T’es là?
- Oui…
- T’es toute seule?
- Oui oui…
- Tu aurais pu venir me rejoindre tu sais, c’est ton lit après tout.
- Elle n’est pas toute seule,
répondit le gars.
- Oups désolé.

Je ne me suis jamais senti autant niaisé de toute ma vie. J’étais définitivement de trop dans cette maison. Dans cette ville. Il fallait que je parte au plus vite d’ici. Je m’imaginais les pires scénarios hollywoodiens. Ce gars va me tuer au cours de la nuit et je dois m’enfuir. Pas question de se faire un petit déjeuner à trois.

Je suis retourné dans sa chambre pour consulter l’horaire des autobus. J’ai réglé mon alarme à 5h15 pour le premier départ de la journée qui était à 6 heures. En sortant de chez elle, le système d’alarme de sa maison a retentit. J’ai couru le plus vite pendant que j’ai pu, sous la neige abondante et le froid nordique. Un peu plus loin, j’ai téléphoné à un taxi en mentionnant les deux noms de rues situées au-dessus du panneau STOP. Je n’avais aucune idée où j’étais et encore moins où le terminus se trouvait.

À mon retour, 9 heures plus tard, j’avais un message d’elle sur mon MSN.

- Pas mal cave d’être partit sans dire bye. Je ne veux plus jamais te reparler!

Moi non plus, ça tombe bien!

D.

Le come-back de Lau

Les yeux encore tout petits, j’ai pris mon cellulaire afin de regarder machinalement mes courriels. Il est toujours tout près sur la commode à la tête de mon lit. Un message attira mon attention. Il s’agissait en fait d’un message reçu via Facebook de la part de Lau. C’est une fille à qui je parlais – plutôt textais – il a deux ans sans pour autant avoir obtenu une rencontre avec elle.

«  Salut, je ne sais pas si tu te souviens de moi mais j’ai envie de reprendre contact avec toi »

Simple et direct. Je ne pouvais qu’agripper la perche qu’on venait de me tendre. C’est évident que je me souvenais d’elle. Elle était grande, un regard si profond, si sexually attractive. Ses lèvres de vrais aimants pour les miennes. Et des seins dans les lesquels on meurt d’envie de faire blublublu. Une top qui m’inspire poétiquement comme vous le voyez.

Aussi difficile de me faire dire oui par elle jadis, ça n’a pris que 30 minutes de discussion et j’étais déjà sous la douche pour finalement me diriger vers le Quartier Latin, là où elle m’attendait. La description que je vous ai donnée plus haut était amplifiée fois 10 en personne.

Nous sommes allés au St-Sulpice. Sur la terrasse, même s’il faisait froid, capuchon sur la tête, mains dans les manches. La chimie s’est installée l’instant d’un pichet.

Comme j’avais un truc important à vérifier sur mon portable, nous sommes allés dégriser au Presse Café juste à coté où le Wi-Fi est gratuit. Elle s’est assise à coté de moi. De plus en plus collé. La main sur la cuisse. Sans gène. Comme si elle avait compris que ça cliquait. Elle a osé en quelques secondes ce qui habituellement me prend des heures à tenter.

Rendus à ma voiture, je lui ai ouvert la portière et je l’ai embrassée. La tension est montée durant la route jusqu’à chez elle. Lorsqu’elle a fermé la porte de son appartement, je l’ai plaquée contre le mur pour l’embrasser plus passionnément. Mes mains glissant le long de son corps.

En me tenant par ma veste, elle m’a entraîné dans son lit tout en continuant à m’embrasser. Je l’ai poussée dedans. Quelques vêtements furent lancés au sol. Ceux du haut. Jamais le premier soir qu’elle m’avait dit plus tôt, malheureusement. Je respecte ça.

Ça ne l’a pas empêché par contre, de m’inviter à monter à cheval sur elle pour m’offrir ce moment que nous, les hommes, aimons tant. Et non, nous n’avons pas écouté le hockey.

Vive les come-back!

D.