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Le soir où je n’ai frenché qu’une seule personne – Part III

jourdelan2012

Quelques heures plus tôt dans cette soirée digne d’une partouze…

Je me dirigeais vers le bar pour commander une bière et une fille m’arrêta pour m’adresser la parole:

- Hey, vraiment beau le nœud papillon! Il faut être courageux!
– Ah merci beaucoup! C’est une grande soirée t’sais, le jour de l’an!

Son amie qui se tenait juste à coté d’elle me demanda à son tour:

- J’ai deux questions pour toi!
– Commence par la première!
– Es-tu célibataire?
– …La deuxième c’est quoi?

Le soir où je n’ai frenché qu’une seule personne – Part II

jourdelan2012

De retour à notre soirée d’orgie romaine au Café Campus qui se déroule sur un arrière plan de gens qui ne se connaissent pas et qui frenchent. Ou pleurent mais ça c’est une autre histoire.

– Écoute D., j’ai un chum que j’adore mais veux-tu m’embrasser, me demanda Julie.
– Ah parce que tu as un chum en plus?
– Oui et je l’aime!
– Écoute, je ne peux pas vraiment, il y a N. juste là, lui dis-je en la pointant du doigt. Mais tu pourrais l’embrasser ce serait drôle, non?

Et c’est comme ça que j’ai vu N. frencher pour la première fois une fille. Je n’ai vraiment pas hais ça! Elle oui.

Mais n’étant pas en reste, Julie pris mon ami Morsure à qui elle lui avait pourtant présenté son amie quelques minutes plus tôt pour l’entrainer dans un coin. Moi et N. les espionnions au loin.

– Un shooter qu’elle tente de l’embrasser!
– Ben non là, elle lui parle de son amie, je ne sais pas!
– Ah on va voir…

Le soir où je n’ai frenché qu’une seule personne – Part I

jourdelan2012

3h15 du matin, 1er janvier 2012 devant le Café Campus

– Hey les gars, vous ne devinerez pas qui j’ai frenché ce soir, nous dit en riant le Fils du prof d’économie.
– Non qui?, que je répondis intrigué.
– Marie, la fille juste là-bas!
– Bonne fille que tu disais, hein? Ok c’est beau on s’en va on la laisse icitte!, dit Morsure sans hésiter! Vite vite!

*** Retour en arrière dans la soirée ***

Pop!! La bouteille déborda un peu.

– Ça va être laid ce soir si le champagne cheap coûte juste 20 dollars!
– Mets-en, ça fait deux qu’on vide et il n’est que… 22h34!, dis-je en regardant mon iPhone.

En versant des coupes de champagne – ok, je vais arrêter de vous mentir, c’était du mousseux bas de gamme – j’ai aperçu au loin un visage familier qui visiblement s’approchait vers moi.

– Salut!, me dit Julie!

My heart goes pang?

Vendredi dernier, je revenais de New-York avec N. Nous nous sommes arrêtés dans une petite halte routière pour y mettre de l’essence. Comme mon anglais est très moyen et le sien beaucoup mieux, j’aime me présenter aux différents comptoirs caisse avec elle. Une dame fin quarantaine début cinquantaine fait office de commis. Elle est peu bavarde et ne se contente que de nous faire payer. En quittant le petit dépanneur, j’oublie de m’acheter un Red Bull (grand format SVP!) si utile pour les longues routes. Je retourne donc à l’intérieur du commerce, seul cette fois, alors que N. est déjà assoupie dans le véhicule.

La vieille dame se fit un peu plus intéressée qu’à ma première visite.

- Where are you from? You seem to have a sunburn on your face? Florida?

Me suis-je vraiment fait chicaner?

Honnêtement, ça ne me tentait vraiment pas de retourner chez N. à 22h ce dimanche pour aller chercher ce fichu appareil dentaire que j’avais oublié dans sa sacoche. Mais j’en ai besoin, c’est nécessaire de le porter. J’ai le ventre plein et l’abus de soleil me donne plutôt envie de dormir. Mais je dois me taper le tunnel, la 25 et la 40 Est et ensuite revenir. Misère.

[Bizibizibizibloubloublou – bruit de cassette qui recule en accélérée]

N. et moi avons passé la journée sur la terrasse du Bistrot à Jojo à boire quelques bières pour festoyer le retour inattendu – mais extrêmement bienvenue – de l’été en fin août. Le célèbre et officieux vieux buss-boy édenté était de très bonne humeur.

- On n’est pas un peu jeune pour être ici D.?, me dit N. à travers le bruit énervant des motos qui vont et viennent sans arrêt face au réputé bar blues.
- Mais non voyons!

En personne raisonnable qui ne drink and drive pas, nous avions prévu de souper aux 3 Brasseurs par la suite sans boire, pour dégriser. Pas un gros effort pour moi car, sauf mon respect aux 3B, je trouve la bière infecte. Goût personnel ou néophyte, vous pouvez dire ce que vous voulez.

Le hasard à fait que Steve et l’Informaticien nous ont rejoint pour le souper. N. s’est soudainement sentie mal. Pas à cause d’eux mais bien à cause de la boisson. On l’a perdue de vue aux toilettes pendant une bonne vingtaine de minutes. Elle s’est ensuite absentée pour une « urgence » et elle n’est jamais revenue.

Elle m’a téléphoné pour me dire qu’elle se sentait honteuse de ne pas se sentir bien devant mes amis – qui pourtant ont déjà fait bien pire. Elle m’a juré qu’elle demanderait à des amis de venir chercher sa voiture au métro et qu’elle ne prendrait pas le volant.

J’avais l’esprit libre pour le reste de la soirée.

[Bzibizibizibloubloublou – bruit de cassette qui avance en accélérée]

Arrivé devant la porte de chez N. j’ai téléphoné pour la prévenir de ma présence. Pas de réponse. Ses parents me connaissent alors je vais leur demander ma boîte et repartir. Son père, visiblement fort éméché m’invite à m’asseoir pour discuter. Il est en beau fusil.

- C’est quoi là le problème de laisser N. prendre son char saoule. Elle est rentrée toute croche en pleurant.
- Ben là, elle s’est sauvée. Et elle est revenue avec d’autres personnes qu’elle m’a dit.
- Non mais pourquoi là vous avez bu, hein? Vous avez besoin de ça?
- (Et vous, pourquoi vous êtes saoul?) Je ne suis que venu chercher mon appareil j’ai pas envie de me faire faire la morale. Je vais y’aller là!

Je me sentais comme un ados de 18 ans qui sort avec une fille de 16 ans et qui reçoit les instructions du beau-père. J’ai passé l’âge comme on dit.

- Non reste assis, je veux comprendre.
- Ben je ne sais pas quoi vous dire de plus. Elle s’est sauvée. C’est à elle que vous devez parler, Monsieur.
- En tout cas on va devoir s’en reparler. Pis N. là c’est quoi… c’est tu ta blonde?
- … Euhm non?
- Pis tu viens à maison pis tu partages son lite, pis toute?
- Je pense que nous sommes d’assez grandes personnes pour savoir ce qu’on fait et ça ne regarde que nous, non?

Je me suis levé en le saluant formellement et je l’ai remercié. Un merci pourquoi faire? Je ne sais pas.

C’était la dernière fois que je remettais les pieds là.

D.