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Flash-back: En manque à n’en plus voir clair (2004)

Juin 2004… époque où ce n’était pas encore tout le monde qui possédait une photo dans son ordinateur.

- Voir que tu n’as pas de photo?
- Bah je te dis que si… je suis désolée.
- Même pas des amis qui pourraient t’en envoyer une.
- Et non…
- Et là, tu veux que je m’en vienne te voir alors que je ne sais même pas de quoi tu as l’air?
- Grosso modo c’est ça.
- Ouan… bon ok je m’en viens.

Je me suis demandé intérieurement dans quoi je venais encore de m’embarquer! C’est ben mon genre ça, d’écouter mes envies plutôt que ma raison. Raison qui m’aurait dit de ne pas dépenser 20 dollars d’autobus et une journée entière pour voir une fille qui n’est peut-être pas mon genre.

Ma mère m’a toujours dit d’écouter ma petite voix intérieure. Ce n’est pas de ma faute si la mienne est dans mon scrotum. Bref.

J’ai pris l’autobus en direction de Montréal. Elle m’attendait près d’un parc à l’endroit et à l’heure que l’on avait convenus plus tôt. Elle était de dos. Une rousse d’environ cinq pieds et quatre. Plutôt bien roulée. Le sourire aux lèvres, j’ai tenté de lui faire un saut en la surprenant sournoisement.

Étrangement, c’est plutôt moi qui fut surpris. Les rousses vous savez, soit qu’elles sont très jolies ou très moches. Le juste milieu n’existe pas chez les rousses. Je vous laisse deviner la catégorie dans laquelle elle se trouvait. La mauvaise bien entendu.

- Hey allo D.
- Allo…, que je lui ai répondu en en reprenant mes esprits. Hey… tu ne sais pas quoi, j’ai eu un appel dans l’autobus et il y a un super gros party chez mes amis ce soir alors je ne pourrai pas coucher ici… j’espère que ça ne te dérange pas?
- Non c’est correct voyons donc!

Soulagement intérieur, elle n’y a vu que du feu. N’empêche qu’étant déjà là, je me suis dit j’étais aussi bien d’en profiter. Ce n’est quand même pas la fille la plus laide du monde.

Si bien que de fil en aiguille je me suis retrouvé à cheval sur elle. Quant elle, elle tentait de faire sortir ma petite voix intérieure à l’aide de ses mains.

Ah… ahh.. oufff…

Malaise.

*****

Nos sens sont si troublés lorsqu’on est en manque de sexe. J’étais bien heureux d’avoir feint le party chez des amis avant et non pas après. Ça parait toujours mieux!

D.

Moi pis les artistes

Je suis abonné aux rencontres-éclair. Ces rencontres qui durent moins de 30 minutes et où l’ennui est palpable. On se parlait via un site depuis à peine une heure. Je ne perds pas de temps, vous le savez.

- Je serai à Montréal ce soir, je peux faire un tour te voir et si ça clique, te baiser comme tu ne l’as jamais été… je suis sur que ça te tente.
- Appelle-moi ce soir et on verra.

Bon ça ressemblait à peu prêt à ça à plus ou moins une vingtaine de mots. Vers 23 h 30 à la fin de ma soirée, elle accepta ma proposition. Veuillez noter l’utilisation parfaite du passé simple, ce temps de verbe mal aimé.

Je roulais sur Ontario à sa rencontre. Le coin je ne sais plus lequel ça n’a pas d’importance. D’ailleurs, je l’ai manqué car, j’étais trop concentré à regarder autour de moi et me rappeler les paroles de la chanson « La rue Ontario » de Bernard Adamus. Juste pour mettre un visuel sur les endroits dont il parle dans sa chanson. Mais quand je me suis rendu au bout, dans une espèce de rond-point, j’ai vite constaté que j’avais dépassé largement le lieu de rencontre.

À mon retour, elle était bien là. Assise sur un banc proche du coin de la rue.

- C’est toi sur le coin de la rue?
- J’imagine… tu es où?
- Tourne ta tête un peu à droite… oui voilà!

Nous nous sommes stationnés un peu plus loin et on a marché. En fait, je ne vous écrirai pas de flafla, on n’a fait que ça, marcher. Pas juste un tour de bloc, mais pas loin. Une rue au sud d’Ontario et une au nord. Pas plus que trois rues de large. Le temps d’une demi-heure. Le temps de savoir que ça ne cliquerait jamais.

Je n’ai pas la cote avec les artistes. J’ai l’impression qu’ils me regardent de haut à cause je ne connais pas les auteurs undergrounds. De son côté, elle fait partie d’une troupe de théâtre où seuls ses amis et peut-être les leurs connaissent l’existence.

- Mais je connais Michel Tremblay, je l’ai lu au Cegep! C’est bon j’ai trouvé.
- C’est plate raide, on ne donne pas du tout là-dedans.
- Et le théâtre d’été? Moi ça me fait rire tu sais!
- …

J’ai essayé. J’aurais dû me la fermer. Dire qu’on aime le théâtre d’été à une artiste, c’est comme avouer qu’on aime Lady Gaga à Edgard Fruitier.

Pourquoi lorsqu’il est question d’art, j’ai l’impression que seulement ce qui est connu d’un cercle ultra restreint est bon? Et que le populaire ne l’est pas de façon systématique?

On est passé devant sa porte sans s’y arrêter. Elle m’a reconduit à ma voiture quelques mètres plus loin, par politesse sans aucun doute. Pas de bec, pas d’au revoir. De part et d’autre, le feu n’a vraiment pas pris.

C’était l’évidence même, pas besoin de jouer la comédie cette fois.

D.

Flash-back: Regard révélateur (2002)

Août 2002

- Mes parents partent pour le week-end tu viens?
- Ah oui ça serait le fun!

Qu’est-ce que je viens de répondre là? Dans quoi je suis en train de m’embarquer? Tout en faisant mon sac à dos avec boxeurs, bas, brosses à dents et autres, je prends conscience que cette fille habite à une heure et 30 de chez moi mais que comme je n’ai pas de voiture encore je devrais prendre l’autobus, le métro et une fois de plus l’autobus. J’ai déjà pris le métro une fois ou deux mais jamais seul. Je vais me perdre, me faire attaquer, sans doute.

Cependant, cette fille est tellement sexy. Elle à 15 ans. C’est correct pour un gars de 19 ans, non? Elle est petite et mince. Des cheveux brun coupés au carré un peu plus haut que ses épaules. Elle m’a même envoyé des photos suggestives avec sa webcam cheap. En bikini, oui monsieur. Alors j’y vais quoi qu’il advienne.

Alors me voilà au métro Radisson. Il y a un stationnement bondé de autobus. Je ne dois pas me tromper… je ne voudrais pas arriver à Hull ou bien n’importe quel village perdu des Laurentides. Et si elle n’était pas au rendez-vous ou qu’elle m’avait donné un faux numéro de bus pour me jouer un tour? Gardez toujours dans l’optique que je n’ai rien vue dans la vie à 19 ans. Donc je capote. C’est le bout du monde pour moi.

L’autobus blanc menant à Chertsey se met en marche. On roule parmi les petits villages pendant une bonne heure et demie. L’autobus tourne dans un petit stationnement. Elle est la à m’attendre devant la porte. Un t-shirt moulant noir et une mini jupe en jeans. Je ne suis pas monté pour rien, l’envie est là plus que jamais.

Après le souper tardif, nous nous sommes assis au salon par formalité car plus les secondes s’écoulaient, plus la distance encore nous diminuait. Je l’ai prise dans mes bras et je l’ai lancé dans son lit. Nous avons fait l’amour comme un gars de 19 ans pas très expérimenté et une fille de 15 qui l’est tout autant.

Quand j’ai rouvert mes yeux le matin, elle me fixait avec ce drôle de regard. Ce sourire trop heureux d’être en ma présence.

- Salut… tu me regardes depuis longtemps?
- Quelques minutes… je t’aime!

Elle me la dit avec tellement de conviction. Tellement d’assurance que j’allais lui répondre « moi aussi ». Spontanément, je n’ai trouvé que « Merci » à lui répondre. « Merci », voyons donc! C’est pire que « pas moi désolé ». Tant qu’à y être « Moi, je te déteste»? Je n’ai vu qu’une seule issue à mon malaise…

- Humm… à quelle heure le prochain bus? J’ai de quoi après-midi.

Mettons.

D.

Rectifications – Le comble

Jamais je n’aurais pensé faire autant de remous avec cette histoire qui m’apparaissait tellement banale à prime abord. J’aimerais simplement rectifier certains faits qui j’espère, vous aideront à vous faire comprendre le fond de ma pensée.

Vous savez depuis bientôt un an j’écris ici des choses qui ne font pas toujours l’unanimité. Les discussions ont été toujours animées et j’adore ça. Elle ont été fait dans le respect, exception faite de quelques hurluberlus en manque d’attention.

Par contre, dans ce dernier texte j’ai reçu une série de commentaires très personnels à mon endroit. Que je suis cave, borné que je ne comprend rien à rien. Bref, le pire des trous du cul. Et vous vous en êtes donné à coeur joie en m’écrivant ces attaques sur 25 lignes de long. Sachez que ça me blesse un peu. Vous dire que je m’en fou éperdument car j’écris à visage caché serait vous mentir.

Bref, je sais que les MTS sont quelque chose de malheureux. Je suis conscient que ce n’est pas drôle ce qui arrive. Je sais aussi que c’est répandu. Je sais tout ça!

Je sais aussi que j’ai réagit de façon excessive. Ma façon de réagir a été la même en d’autres occasions comme par exemple la fois où on m’a dit que j’étais pas du goût de la fille.

Elle m’aurait dit n’importe quoi qui n’aurait pas fait mon affaire et que j’aurais du savoir à l’avance que j’aurais réagit comme ça. Ce n’est pas une question de jugement sur les maladies et de la mépriser à cause qu’elle a chopé ça. C’est triste pour elle. Vraiment.

Mais moi, je ne pouvais pas continuer. MOI MOI MOI. Si un autre le veut, go for it mon ami. Mais si je n’ai plus droit à mes propres choix, il me reste quoi maintenant?

Ceci dit ma réaction a été excessive et impolie. Je me suis excusé auprès d’elle et elle a dit que c’était humble de ma part et que mes excuses étaient acceptées. Je l’ai fait il y a à peine trois heures.

Merci à ceux qui ont compris que ce qu’il fallait critiquer était mon départ précipité du bar et non mon incompréhension de la maladie.

Je pense sincèrement avoir fait le tour de la question. Vous pouvez garder votre opinion que vous avez de moi mais je tenais à m’expliquer pour mon honneur.

D.